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Santé

Macron entend révolutionner le système de santé… à moyens constants !

Sociologue

Avec le plan Ma Santé 2022, le président de la République et sa ministre Agnès Buzyn dessinent un tableau en apparence limpide, où chacun.e est à sa place, travaille en harmonie avec les autres et sans plus aucun problème de financement. Une impression faite d’enchantement et d’évidence qui s’érode dès que l’on y regarde de plus près et qui oblige à interroger la beauté du « décloisonnement » et de la révolution à moyens constants.

Avec « Ma Santé 2022 »le gouvernement entend proposer un Plan digne des ordonnances et du décret de 1958 qui ont structuré le système de santé jusqu’à aujourd’hui en instituant les Centres Hospitalo-Universitaires (CHU). « Digne de 1958 » mais aussi « à l’inverse de 1958 » puisque l’enjeu principal est de défaire l’hôpital de son rôle de pivot dans le parcours des patient.e.s. Renforcer la prévention, désengorger les urgences, en finir avec la logique de rentabilité à l’hôpital, fluidifier le parcours des patient.e.s, garantir la pertinence et la qualité des soins et les conditions de travail des soignant.e.s, assurer l’accès à des soins innovants, tels sont les objectifs de ce Plan érigeant le « décloisonnement » en maître mot.

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Ces idées ne sont pas nouvelles, elles sont portées depuis longtemps par de nombreux.ses expert.e.s et ont été pour partie inscrites dans des lois de santé,

Pierre-André Juven

Sociologue, Chargé de recherche au CNRS et membre du CERMES3