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La diagonale du peuple : regard sur les élections israéliennes

Sociologue

Israël vote ce mardi 9 avril, après une campagne législative marquée par des débats calamiteux à destination d’une opinion avide de sondages et de fake news. Une campagne qui a surtout témoigné de l’exacerbation du nationalisme et de l’intolérance envers les minorités et les étrangers, de l’effacement du clivage gauche-droite au profit d’une droitisation de la scène politique, et d’un resserrement des liens entre religion et politique.

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Alors que les démocraties occidentales semblent dériver vers des systèmes autoritaires ou « populistes », Israël apparaît depuis des années la comme la pointe avancée de cette droitisation qui se traduit par le recul des composantes libérales laïques, l’affirmation d’un nationalisme exclusif et la non tolérance aux minorités ou aux étrangers. Dans le cas d’Israël, la vision essentialiste de la nation est perceptible dans un style de gouvernement droitier et ethnocratique. Mais le paysage politique actuel met également en évidence une transformation des rapports entre sionisme – comme stabilisation d’une forme politique qui est celle d’un État, et judaïsme – comme signifiant identitaire d’un peuple, et au pr...

Sylvaine Bulle

Sociologue, Professeure à l'ENSA de Paris Diderot