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Hong Kong : promesses tenues, promesses trahies

Historien

Les deux manifestations monstres des 9 et 16 juin ont mis en évidence l’équilibre instable qui s’est instauré entre Hong Kong et Pékin depuis la rétrocession. La Chine, qui s’était alors engagée à maintenir la formule « un pays, deux systèmes », cherche dans les faits à affaiblir l’autonomie de Hong Kong. Si les élites d’affaires hongkongaises ont fait le choix de Pékin, la société civile qui s’est développée ces dernières années porte d’autres espérances, plus démocratiques.

Quand Hong Kong a été « rétrocédée » à la République populaire de Chine en 1997, mettant fin à un siècle et demi de colonisation britannique, la Chine s’est engagée à y maintenir la formule « un pays, deux systèmes » (capitaliste et socialiste) et un « haut degré d’autonomie » dans tous les domaines sauf la défense et les affaires étrangères, pour au moins cinquante ans, soit jusqu’en 2047.

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Alors qu’on approche du point de mi-parcours (en 2022), Hong Kong vient de connaître un nouvel épisode de manifestations d’une ampleur sans précédent. Celles-ci sont parvenues à faire reculer le gouvernement local sur un projet de loi qui aurait autorisé les extraditions vers la Chine, mettant en péril la sécurité juridique du territoire. La société civile hongkongaise marque ainsi son attachement fort à l’État de droit (rule of law), véritable pierre angulaire de l’identité hongkongaise, aussi bien sur le plan des valeurs que comme fondement de la prospérité de la ville.

Ces deux manifestations (1 million de per...

Sebastian Veg

Historien, Directeur d'études à l'EHESS