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Politique

La gauche et le progressisme : du pléonasme à l’oxymore

Géographe et Urbaniste

Lors des dernières élections européennes, Emmanuel Macron insistait, comme pour les présidentielles, sur l’existence d’un clivage entre progressistes et populistes (ou nationalistes), reléguant les défenseurs d’un clivage droite / gauche au rang de conservateurs. Si la gauche veut mériter sa place aux « États généraux » d’aujourd’hui, elle devra se situer en tête du mouvement progressiste, c’est-à-dire être plus avancée dans le progressisme que ceux qui se réclament actuellement de cette notion.

La gauche est née en France (et, à sa suite, dans le Monde) par la répartition topologique des délégués aux États généraux de 1789 : ceux qui siègent à gauche se réclament des Lumières, de la république (état de droit, séparation des pouvoirs, libertés civiles), de l’amélioration des conditions d’existence de tous et d’un mouvement vers la démocratie représentative, comme projet volontaire, historique et ouvert.

Les Lumières supposent acquise l’idée de progrès, c’est-à-dire le fait que l’évolution des humains vers une situation meilleure que l’actuelle est possible et qu’elle est le résultat d’une action des humains eux-mêmes[1]. Face à ce courant, on trouve ceux qui, soit refusent tout changement parce qu’ils pensent le mouvement vers le mieux impossible ou illégitime (conservatisme), ou ceux qui considère que les transformations ne peuvent procéder d’un mouvement des citoyens ordinaires, mais d’acteurs individuels ou collectifs surplombant...

Jacques Lévy

Géographe et Urbaniste