La création artistique à l’ère de l’IA générative
À l’ère du numérique et de l’IA, les outils mis à disposition du grand public – mais aussi des chercheurs et des artistes – interrogent sur l’avenir des modes de création partagés avec la « machine » dans différents champs artistiques. Dans la phase de création ou d’idéation, ces outils sont interrogés comme partenaires ou compagnons numériques élargissant la pensée, l’imaginaire du créateur – permettant l’émergence de formes inédites, de nouvelles esthétiques mais pouvant révéler réciproquement des potentiels inattendus et inexplorés de la technologie dans un processus de double feedback.

Alors que la pensée scientifique, aux XIXe et XXe siècles est restée largement fondée sur le triangle « matière, énergie, ondes », depuis les années 1970 l’informatique joue un rôle central – après des pionniers tels que Shannon avec sa théorie de la communication de l’information en 1948, et Alan Turing par ses travaux en cryptanalyse durant la deuxième guerre mondiale, notamment avec le test de Turing, élaboré également dans les années 1950 et précurseur de la notion d’intelligence artificielle ou « IA ». Ce test consiste à poser des questions à l’aveugle, à un humain et une « machine », puis déterminer si la machine est en mesure de fournir des réponses crédibles comparées à celles de l’humain.
Dans son article « Computing Machinery and Intelligence[1] », le terme d’IA n’est pas explicitement utilisé. Il faut attendre 1956, lors du célèbre Dartmouth Summer Research Project on Artificial Intelligence – organisé par l’informaticien John McCarthy et le mathématicien Marvin Minsky – pour voir émerger cette idée qu’une machine puisse simuler les mécanismes de l’apprentissage humain – et donc de l’intelligence : c’est en quelque sorte l’acte fondateur de l’« intelligence artificielle ».
Aujourd’hui, on peut caractériser de manière très large l’IA comme un ensemble de techniques mathématiques et informatiques permettant de réaliser des tâches nécessitant des capacités de réf
