Iconographie trumpienne
L’indicible laideur de ses concrétisations les plus emblématiques et l’affligeante vulgarité des propos qu’elle véhicule nous incitent peut-être trop facilement à ne pas prêter attention aux productions figuratives et aux projets architecturaux de la présidence américaine et de ses thuriféraires.

Générés ou non par l’IA, imités ou non des palais les plus kitsch des monarchies pétrolières, inspirés ou non par les monuments érigés un peu partout à la gloire des dictateurs, les portraits, les mises en scène et les projets architecturaux de l’actuelle administration républicaine méritent pourtant d’être tenus pour l’incarnation, ou la manifestation, d’une véritable iconographie trumpienne, qui mérite d’être décrite non pour son originalité – inexistante – ou pour son élégance – elle aussi évidemment inexistante – mais pour ce qu’elle dit visiblement des formes et des fins de l’exercice du pouvoir par celui qui souhaite faire figurer son nom ou son visage au fronton de monuments publics, sur des timbres, des pièces ou des billets de banque de son vivant.
Dans le flot ininterrompu des productions et des publications de la Maison-Blanche, des réseaux sociaux MAGA et notamment de celui du président lui-même, et puisque son ancien conseiller Steve Bannon rappelait qu’il faut toujours « flood the zone with shit », on doit se résoudre à faire une sélection et à ne retenir que quelques exemples, qui valent cependant dévoilement des stratégies visuelles trumpiennes.
Le premier est en partie oublié aujourd’hui, remplacé par de nouvelles provocations et productions figuratives : c’est celui de la galerie de portraits des présidents, voulue et aménagée à l’automne 2025 par Trump et son entourage dans la colonnade de l’aile ouest de la Maison Blanche. À en croire Trump, ce « walk of fame » constitué de portraits en noir et blanc dans des encadrements dorés, bien entendu, surmontés d’autres dorures purement décoratives, aurait été inspiré par une galerie comparable, aperçue
