Le vrai bilan de la start-up nation : l’insécurité numérique partout
Face au choc du piratage du site des impôts, puis du site de l’Éducation nationale, du ministère de l’Intérieur, un doute nous saisit : parle-t-on de ce même pays promis à devenir la start-up nation ? Aurions-nous raté un épisode de la transformation numérique ? Le volontarisme et le marketing politiques se seraient-ils aplatis devant la dure réalité des infrastructures numériques ? et enfin, la France serait-elle la pire des nations en matière de sécurité ?

Si la sécurité numérique se révèle de si mauvaise qualité en France, c’est en effet que la culture de la start-up nation ne prépare en rien à traiter cette exigence de long terme. Pire même, elle contribue à saboter tous les efforts des personnels engagés dans cette tâche obscure, fastidieuse et peu populaire qui consiste à sécuriser un système d’information. La culture industrielle de la fiabilité a en effet été délibérément disqualifiée au nom de « l’optimisation » des systèmes qui fait le bonheur des financiers et de leurs reportings mais qui se traduit avant tout par l’exigence de la vitesse dans tous les services, le triomphe du sans friction. Un modèle qui n’est en rien spécifique à la France ni limité au service public, et qui imprègne toutes les entreprises qui veulent rester « compétitives » à court terme : leurs performances en matière de sécurité ne sont d’ailleurs pas meilleures que celles des services publics mais leurs échecs sont plus discrets et surtout, cela choque moins que lorsque l’État et son service de confiance par excellence, les impôts, sont attaqués.
Je ne m’intéresserai ici qu’à la cybersécurité des systèmes d’information mais il faut quand même rappeler auparavant que la start-up nation a échoué à peu près dans tous les domaines qui relèvent de la sécurité au sens large :
— La sécurité/privacy, la préservation des données personnelles et des contenus et des ayants droit. La CNIL existait bien avant heureusement, le RGPD a mis des années à s’élaborer, là aussi bien loin des m
