Agnès Villechaise

Sociologue, Maîtresse de conférences en sociologie politique à l'Université de Bordeaux

Agnès Villechaise est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Bordeaux et membre du laboratoire Centre Emile Durkheim. Elle privilégie les recherches empiriques et y déploie des méthodes qualitatives (entretiens individuels et collectifs, démarche ethnographique). Après avoir longtemps travaillé sur l’expérience des habitants des quartiers sensibles et les politiques publiques qui ciblent ces territoires, elle oriente désormais ses recherches sur la jeunesse musulmane française. Depuis peu, elle mène également une étude sur les collectifs de vie et de travail alternatifs en milieu rural. Elle a récemment publié deux articles avec Laetitia Bucaille : Laetitia Bucaille, Agnès Villechaise, « Salafist impregnation of Muslim youth in France: a challenge to the Republic? »,  European Review of International Studies (ERIS), vol. 5, issue 2/2018, p. 5-23, et Agnès Villechaise, Laetitia Bucaille, »L’affirmation religieuse des jeunes musulmans. Production d’une critique sociale inclusive ou séparatisme identitaire ? », European Journal of Social Sciences (RESS), n°56-2, 2018, p. 107-131). Elle vient de co-diriger avec Laetitia Bucaille l’ouvrage Désirs d’islam, Paris, Presses de Sciences Po, 2020.

Ses publications sur AOC

jeudi 15.10.20

Analyse

Un séparatisme républicain ?

par

Le 2 octobre dernier, Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles mesures contre le « séparatisme islamiste ». Le président de la République espère faire œuvre de raison en se montrant ferme dans la volonté de circonscrire des dérives idéologiques porteuses de violence, tout en exprimant sa réticence à l’égard de toute forme de stigmatisation des musulmans de France. Mais en imposant la grille de lecture de la violence, à l’exclusion de toutes les autres développées pourtant dans de nombreux travaux de sociologie, il risque au contraire de nourrir un séparatisme républicain, et d’exclure définitivement les Français musulmans, rigoristes ou nom, prêts au dialogue.