C Critique

Théâtre

L’image contre le théâtre, tout contre

Dramaturge

Avec La Maladie de la mort d’après Marguerite Duras et Schatten (Eurydike sagt) d’après Elfriede Jelinek, ses deux derniers spectacles, Katie Mitchell traite les textes sur scène comme du cinéma et jette un superbe pavé dans la mare de la querelle des images au théâtre – mais n’évite pas de se faire éclabousser.

La présence de l’image projetée sur les plateaux de théâtre n’est pas nouvelle (elle remonte même historiquement aux années 1920) et elle a depuis longtemps quitté le champ de l’avant-garde, mais elle a pris une portée particulière avec l’essor, dans ces premières décennies du XXIe siècle, de la vidéo dite « performative », technique consistant à projeter en direct des images captées par des opérateurs au milieu de la représentation.

 

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Si ce type d’image offre bien un nouvel espace de représentation censé apporter une visibilité supplémentaire à la performance, ajouter un point de vue délibéré à l’exposition ouverte de la scène, servir, donc, la théâtralité en l’enrichissant de potentialités inédites, ses interactions et ses frictions avec l’espace de la scène proprement dit ne sont pas sans poser problème, d’où sans doute la peine, malgré une intégration de plus en plus courante dans les pratiques, qu’a le procédé à se normaliser dans sa réception et la persistance, en Fra...

David Tuaillon

Dramaturge, Critique