C Critique

Cinéma

« Les Garçons sauvages », premier film de fictions et de fantasmes

Chercheuse en études visuelles

Avec un premier long-métrage qui allie récit romanesque et fantasmagories érotiques, Bertrand Mandico réinvestit des structures narratives qui empruntent aussi bien à Jules Verne qu’à William Golding ou William Burroughs. Mais ces Garçons sauvages sont surtout l’occasion d’explorer le transgenre – des corps comme du cinéma – et de faire l’éloge de l’artifice et de l’artisanat.

Ils sont cinq. Cinq jeunes garçons bourgeois et sadiques, confiés aux « bons soins » d’un capitaine aux faux airs de flibustier, après qu’ils ont sauvagement assassiné leur professeur dans une mise en scène dont la cruauté n’a d’égale que la volupté. La scène se passe au début du XXème siècle dans une société trop policée. Les cinq petits Jekyll clament sournoisement leur innocence, dans un procès surréaliste, mais n’en sont pas moins expédiés au large par leurs parents qui espèrent ainsi adoucir leurs mœurs. Or cette croisière réveillera d’autres feux : l’improbable Nemo qui leur sert de précepteur a la verge tatouée, ce qui n’est pas sans fasciner l’un des garçons, et un sein unique qui pointe parfois sous sa chemise.

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Alice Leroy

Chercheuse en études visuelles, Enseignante en histoire et esthétique du film