C Critique

Littérature

Maylis de Kerangal à l’œuvre

écrivaine

L’héroïne d’Un monde à portée de main, le nouvel ouvrage de Maylis de Kerangal, est peintre en trompe l’œil, manière transparente d’inviter le lecteur à reconnaitre l’auteur derrière le personnage. Pour faire du roman un manifeste esthétique ? Mieux que ça.

Le roman de Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main, porte en son titre comme en son thème la promesse d’un art poétique. La main du peintre, en l’occurrence peintre en trompe-l’œil, le métier choisi par son héroïne Paula Karst, fait idéalement écho à celle de l’écrivain, les linéaments de l’un calquant les lignes de l’autre. Il est donc tentant de voir dans la fiction le prétexte idéal à un manifeste esthétique, au moment où son œuvre, ayant atteint l’apogée littéraire et critique avec Réparer les vivants, se trouve à ce point exact et vertigineux où la liberté de création peut être associée à la pleine maîtrise.

Le livre tient évidemment cette promesse et les parallèles entre l’art de tromper l’œil et celui de mentir vrai ne manquent pas, à commencer par cette faculté, dans les deux cas, de « produire des images » ; mais c’est ailleurs que le roman puise sa force, et se hisse par-dessus ce qu’on attend de lui.

Reconnaître

Le fil conducteur en est le trajet de son personnage principal, s...

Emmanuelle Lambert

écrivaine, commissaire d'exposition indépendante