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Quand la peinture sort de sa toile : Art & Language à Montsoreau

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Depuis avril 2016, le Château de Montsoreau est devenu un musée d’art contemporain. La collection « Art & Language » de Philippe Méaille en occupe les espaces de manière permanente. Au dernier étage de la demeure, une exposition temporaire – 1968. Sparte rêve d’Athènes – y a élu domicile encore quelques jours. Les œuvres de Victor Burgin, Dan Graham, Les Levine, Maria Marshall, Claes Oldenburg, Edward Rusha, Tony Smith, Bernar Venet et Art & Language nous renvoient à la grande rupture des années 1960 : comment certains artistes ont-ils mis fin à l’hégémonie de la peinture ?

Dans le bien nommé « triangle d’or viticole », dont deux des côtés seraient les AOC Bourgueil et Saumur, et l’hypoténuse Chinon, se dresse le fameux château de Montsoreau. Parmi les premières demeures de la Renaissance, entre forteresse et habitation domestique d’agrément, cette architecture devient célèbre grâce à l’écrivain Alexandre Dumas et à son héroïne Diane de Méridor, dite la Dame de Monsoreau, dans un feuilleton romanesque (1845-46) de plus de mille pages. Les pieds dans l’eau, cette bâtisse se dresse au confluent de la Loire et de la Vienne, dans un paysage de carte postale éminemment touristique. Le public y vient en nombre a priori davantage pour déambuler entre les vieilles pierres en tuffeau – le château est mitoyen d’un des plus beaux villages de France, Candes-Saint-Martin, et proche de l’abbaye de Fontevraud – que pour l’art contemporain.

Pourtant, après l’ouverture des lieux en 2001 par un son et lumière en boucle autour de la Dame de Monsoreau, le Conseil départemental du Maine-et-Loir...

Christophe Le Gac

Critique, Enseignant en art, architecture et cinéma - à l’ESAD Angers, option Art et BAD Design, architecte DPLG.