C Critique

Opéra

Nouvelle guerre pour Les Troyens

Écrivain

La première des Troyens à l’Opéra Bastille a laissé le public divisé entre huées et vivats. Faut-il voir là une résurgence de la querelle entre Anciens et Modernes ? La mise en scène signée Dmitri Tcherniakov, insuffle en tout cas une lecture contemporaine aux aventures de figures majeures de nos mythologies, intégrant ping-pong et cocotiers à sa scénographie.

Non, ce n’est pas la bataille d’Hernani qui fut autrefois un beau sujet de dissertation et pour laquelle Hugo avait engagé sa propre claque, ce n’est pas non plus la représen­tation de L’Étoile au front de Raymond Roussel au théâtre du Vaudeville où Desnos avait brillé quand un quidam lui avait lancé avec mépris « Vous êtes la claque », lui répondant, geste à l’appui, « Oui ! et vous êtes la joue ! », c’est encore moins Auster­litz. C’est tout de même la première de l’opéra Les Troyens à la Bastille ce 25 janvier 2019. Et j’y étais.

Pourtant je ne savais pas que c’était soir de première. D’ailleurs nous avons failli arriver en retard à cause de la pluie et d’un auto­bus (le 91) qui a dé­telé im­promptu gare de Lyon. Entre dix-huit heures et vingt-deux heures qua­rante cinq, j’ai regardé, écouté, fermé un peu les yeux, rêvé, pensé à autre chose, je me suis baladé pendant les deux entractes d’une demi-heur...

Bernard Chambaz

Écrivain, Poète