Bernard Chambaz

Écrivain, Poète

Né en 1949, romancier, poète, historien, passionné d’Italie, de cinéma et de ballon. A récemment publié Le Dernier tableau (Le Seuil), 17 (Le Seuil), Et (poésie Flammarion), Éphémère (« Ma nuit au musée », Stock). N’a pas oublié les poèmes d’Italiques deux (Seghers en 1992) ni Caro carissimo Puccini (Gallimard, vingt ans après).

 

Ses publications sur AOC

lundi 18.01.21

Critique

Au début comme à la fin il y a le milieu – sur Napoléon de Philippe Forest

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À l’aube du bicentenaire de la mort de Napoléon, l’écrivain Philippe Forest consacre son nouveau livre au soldat devenu empereur. Preuve, s’il en fallait, qu’Histoire et roman voisinent, voire convergent, tous deux se définissant par une mise en intrigue, par le choix d’un certain itinéraire dans une histoire particulière. Mais c’est un itinéraire pour le moins sinueux qu’emprunte Philippe Forest, lui qui multiplie les allers-retours entre les fins et les commencements, posant la question suivante : quand la fin commence-t-elle ?

vendredi 27.11.20

Opinion

Maradona, il était le ballon

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À quoi résumer l’œuvre d’un footballeur, sachant que son œuvre ne se résume pas, qu’elle repose dans tous les gestes, tous les buts qu’il a marqués et manqués. Il reste alors son image, et Diego Maradona n’y a pas échappé. Après sa mort le 25 novembre, les nombreux commentaires l’ont présenté comme une légende « malgré tout », malgré la cocaïne, la mafia, la triche, Fidel Castro… Et si cette part d’ombre, que lui-même reconnaissait et dans la­quelle il se dépêtrait, était précisément ce qui faisait de lui l’un des plus grands joueurs de tous les temps ?

mardi 19.05.20

Critique

Confino avec Francesco Rosi

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Le confinement a pu aussi être l’occasion de se plonger, entièrement, dans l’œuvre d’un artiste et passer quelques jours, confino, en compagnie de Francesco Rosi, de ses vies et de ses films. De Main basse sur la ville à Uomini contro, en passant par Salvatore Giuliano et Le Christ s’est arrêté à Eboli, ses films d’un autre temps donnent à voir une humanité brute, juste, sans emphase et sans justification psychologique. Un cycle d’œuvres qui garde quelque chose d’une énigme entre une intrigue si proche du réel et une part d’anticipation saisissante.

mardi 31.03.20

Critique

Les Figures de Lorenzetti – à propos de Conjurer la peur de Patrick Boucheron

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En 1338, Ambrogio Lorenzetti peignait sur les murs de la salle de Paix du Palais public de Sienne ses fresques du Bon et du Mauvais gouvernement. En 1348, son frère et lui mouraient tous deux, victimes de la Peste noire. Patrick Boucheron nous entraîne sur les traverses de cette décennie dans son bel ouvrage Conjurer la peur, qui a le mérite de nous laisser vaquer à nos rythmes dans les images et souvenirs qu’il convoque, pour nous faire, nous aussi, relire le présent à l’aune du passé.

mardi 24.12.19

Critique

Mettre la douleur en mots – sur Ghosteen de Nick Cave

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Avec Ghosteen, Nick Cave livre sans doute son album le plus abouti, déchirant malgré sa réserve, dans lequel il revient sur la mort de son fils aîné Arthur, la veille de ses quinze ans. Il nous y entraîne comme en un monde souterrain qu’il étend en autant de nappes sonores, au sein duquel les paroles seules s’offrent clairement – et reste fidèle en cela aux mots célèbres de Macbeth : Give sorrow words. Rediffusion du 8 novembre 2019.