C Critique

Littérature

Un premier nouveau nouveau nouveau roman ? À propos de Rétine de Théo Casciani

Écrivain

Avec Rétine, premier opus extraordinairement ambitieux, Théo Casciani pose de façon originale la question – presque générationnelle – de ce que peut être le roman aujourd’hui, au regard d’autres pratiques qui fatalement le nourrissent et d’une certaine façon le contaminent, et dont ce qu’il est convenu d’appeler l’art contemporain exploite d’abondance les potentialités virtuelles, technologiques, numériques…

La rentrée littéraire est d’abord une invitation au classement, dans les articles qui traditionnellement lui sont consacrés : pour le seul domaine du roman, on inventorie les fictions françaises et étrangères, on classe par tendances, thèmes, genres et sous-genres, on met à mal la pertinence des catégories pour rendre compte de la diversité d’une « production » que réunit avant tout une date, un rendez-vous éditorial conjoncturel – et souvent réjouissant, avouons-le. Parmi ces catégories, celle – pour le coup facile à cerner – de « premier roman » n’est pas la moins excitante à envisager, et même à (re)penser, si on se fie à l’indépassable suggestion perecquienne du Penser/Classer… C’est en tout cas ce qu’on se dit à la lecture de Rétine, le premier livre d’un jeune homme de 25 ans, Théo Casciani, dont un extrait était apparu déjà en juin 2018 dans la sélection dominicale d’AOC, sous le titre provisoire de « Pourpre ».

Rétine est un premier roman assez extraordinairement ambitieux, forcément imparfait, passionnant pourtant parce qu’il pose de façon originale la question ...

Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire