Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire

Fabrice Gabriel est écrivain. Il a publié aux éditions du Seuil, dans la collection « Fiction & Cie », une manière de trilogie romanesque : Fuir les forêts (2006), Norfolk (2010), Une nuit en Tunisie (2017). Il est également l’auteur d’un essai sur le peintre Jean Fautrier (L’homme ouvert, 2002) et de textes divers pour des revues et catalogues d’exposition. Il a longtemps travaillé comme journaliste culturel et critique littéraire, pour les Inrockuptibles et à la radio (en particulier à France Inter). Né à la frontière allemande, il a vécu à Paris, puis à New York où il fut attaché culturel, en charge du Bureau du Livre français, et désormais à Berlin, où il a dirigé pendant cinq ans l’Institut français. Ses livres se nourrissent volontiers de références aux artistes, peintres, cinéastes, musiciens ou écrivains qu’il aime. Ni autofictions, ni récits traditionnels, ils tentent de dire un certain trouble du temps, le rapport entre la commune expérience du présent et le travail singulier de la mémoire (à moins que cela ne soit l’inverse).

Ses publications sur AOC

vendredi 10 .05

Critique

Lire Agamben (en ami) – sur Création et anarchie

par Fabrice Gabriel

L’œuvre de Giorgio Agamben – singulière, abondante, aujourd’hui extrêmement influente dans les champs philosophique ou politique, voire artistique – exerce sur ses lecteurs une fascination toute particulière. Mais qui sont ces lecteurs, et comment le lisent-ils ? C’est la question que l’on peut se poser au départ de l’analyse de Création et anarchie. L’œuvre à l’âge de la religion capitaliste, recueil de cinq conférences qui donne à penser, plus que jamais, la société qui est la nôtre, et la manière dont s’y exerce le pouvoir.

lundi 22 .04

Critique

Faire Virgile — Traduction d’un grand poème par Frédéric Boyer

par Fabrice Gabriel

Le Souci de la terre que propose Frédéric Boyer est davantage qu’une nouvelle traduction des Géorgiques de Virgile : l’extraordinaire réactivation contemporaine d’un texte vieux de vingt siècles, dont l’objet apparent pouvait, a priori, nous sembler très lointain. Ces Géorgiques ne sont pas qu’un traité d’agronomie antique : si on sait les lire, ils constituent, dans leur étrangeté même, un chant du monde offert au futur, que leur traducteur rend aujourd’hui accessible, dans un geste d’écrivain d’une beauté fulgurante…

jeudi 28 .02

Critique

Une guerre sans fin – sur un roman d’Antonio Lobo Antunes

par Fabrice Gabriel

Un jeune Portugais revient chez lui, après vingt-sept mois de guerre en Angola, avec un petit garçon noir, un orphelin. Quarante ans ont passé et, comme tous les ans, cet homme, sa femme, son fils adoptif, sa bru, sa fille se retrouvent au village pour la tue-cochon traditionnelle. On le sait dès le prologue, le même couteau servira à tuer et le cochon, et le père. Comme une sorte de tombeau pour des milliers de soldats, un flot de paroles dense et fragmenté, une coulée d’images diffractées et cruelles donnent corps à cette guerre sans fin. Le père, le « fils nègre » et la fille racontent tour à tour : c’est une sorte de concentré de l’art polyphonique et proprement génial de Lobo Antunes, qui atteint à l’universel en racontant l’histoire tragique et ordinaire d’une famille portugaise.

lundi 18 .02

Critique

Être l’autre en étant soi – sur Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti

par Fabrice Gabriel

Valérie Zenatti fut la traductrice de l’écrivain israëlien Aharon Appelfeld avec qui elle avait une relation d’amitié profonde, construite par les mots – et les silences – qu’ils partageaient. À la mort de ce dernier, elle ne peut se résoudre à perdre la voix qu’elle portait et engage une quête sensible à Czernowitz, lieu de naissance de l’écrivain. C’est cette expérience qu’elle a écrit, comme un diptyque ouvert sur la vie.

mardi 22 .01

Critique

Un chamane spinoziste ? À propos de « Frères Sorcières » d’Antoine Volodine

par Fabrice Gabriel

Avec Frères Sorcières, où l’on retrouve tous les ingrédients de son œuvre déjà abondante, Antoine Volodine pousse encore plus loin son exploration formelle et sa fantaisie noire : livre de voix d’une inventivité folle et d’une drôlerie désespérante, c’est aussi une sorte de vademecum éventuel pour renouveler le roman contemporain, où passe le souffle pas si désuet, philosophique et délirant tout à la fois, d’une possible révolution.