Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire

Fabrice Gabriel est écrivain. Il a publié aux éditions du Seuil, dans la collection « Fiction & Cie », une manière de trilogie romanesque : Fuir les forêts (2006), Norfolk (2010), Une nuit en Tunisie (2017). Il est également l’auteur d’un essai sur le peintre Jean Fautrier (L’homme ouvert, 2002) et de textes divers pour des revues et catalogues d’exposition. Il a longtemps travaillé comme journaliste culturel et critique littéraire, pour les Inrockuptibles et à la radio (en particulier à France Inter). Né à la frontière allemande, il a vécu à Paris, puis à New York où il fut attaché culturel, en charge du Bureau du Livre français, et désormais à Berlin, où il a dirigé pendant cinq ans l’Institut français. Ses livres se nourrissent volontiers de références aux artistes, peintres, cinéastes, musiciens ou écrivains qu’il aime. Ni autofictions, ni récits traditionnels, ils tentent de dire un certain trouble du temps, le rapport entre la commune expérience du présent et le travail singulier de la mémoire (à moins que cela ne soit l’inverse).

Ses publications sur AOC

lundi 15 .07

Critique

Un vertige – à propos de Poétique de la critique littéraire de Florian Pennanech

par Fabrice Gabriel

Se pourrait-il que la critique littéraire nous révèle davantage d’elle-même que des textes qu’elle commente ? S’il existe de nombreuses études sur l’art du romancier ou du poète, il en existe trop peu sur celui du critique. Florian Pennanech nous propose donc, dans Poétique de la critique littéraire de considérer la critique comme de la littérature, en explorant les procédés d’écriture et de réécriture propres au discours critique.

mercredi 03 .07

Critique

La femme qui marche – à propos de Marcher jusqu’au soir de Lydie Salvayre

par Fabrice Gabriel

Répondant à l’invitation d’une nouvelle collection littéraire, Lydie Salvayre a passé une nuit au Musée Picasso en compagnie de « L’Homme qui marche », la célèbre sculpture d’Alberto Giacometti. C’est le récit de cette expérience que livre Marcher jusqu’au soir, constat d’une déception qui se retourne en révélation ; voyage introspectif, surtout, qui propose une réflexion très personnelle sur les fonctions de l’art et son rapport aux institutions culturelles comme aux structures sociales.

jeudi 06 .06

Critique

De quoi Whitman est-il le titre ? (sur le nouveau livre de Barlen Pyamootoo)

par Fabrice Gabriel

À l’occasion du deux-centième anniversaire de la naissance de Walt Whitman, l’écrivain mauricien Barlen Pyamootoo fait paraître Whitman, un roman qui suit le père fondateur de la poésie américaine moderne à la recherche de son frère George, blessé pendant la guerre de sécesssion. Faux roman historique et récit d’une authentique expérience humaniste, le livre invite aussi à redécouvrir une écriture américaine spontanément fragmentaire.

vendredi 31 .05

Critique

« Je suis écrivain » – en hommage à François Weyergans

par Fabrice Gabriel

François Weyergans est mort le 27 mai dernier, à l’âge de 77 ans. D’abord cinéaste, il a rapidement été reconnu comme romancier, recevant de nombreux prix, dont en 2005 le Goncourt pour Trois jours chez ma mère, livre dont la publication n’avait cessé d’être annoncée puis reportée. Sa réputation semblait ainsi se confirmer de dilettante volontiers farceur, versé dans l’autofiction (notion qu’il détestait), voire de faussaire habile à rafler la mise, comme il le fit encore en 2009, réussissant à se faire élire à l’Académie française… Weyergans, érudit voyageur qui aima Bresson autant que Béjart, n’était pourtant pas un cynique, si retors qu’ait pu être son sens du tragique (un masque au sourire triste) : c’était, jusqu’à l’obsession, et peut-être l’absurde, un pur écrivain. Hommage.

vendredi 10 .05

Critique

Lire Agamben (en ami) – sur Création et anarchie

par Fabrice Gabriel

L’œuvre de Giorgio Agamben – singulière, abondante, aujourd’hui extrêmement influente dans les champs philosophique ou politique, voire artistique – exerce sur ses lecteurs une fascination toute particulière. Mais qui sont ces lecteurs, et comment le lisent-ils ? C’est la question que l’on peut se poser au départ de l’analyse de Création et anarchie. L’œuvre à l’âge de la religion capitaliste, recueil de cinq conférences qui donne à penser, plus que jamais, la société qui est la nôtre, et la manière dont s’y exerce le pouvoir.