Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire

Fabrice Gabriel est écrivain. Il a publié aux éditions du Seuil, dans la collection « Fiction & Cie », une manière de trilogie romanesque : Fuir les forêts (2006), Norfolk (2010), Une nuit en Tunisie (2017). Il est également l’auteur d’un essai sur le peintre Jean Fautrier (L’homme ouvert, 2002) et de textes divers pour des revues et catalogues d’exposition. Il a longtemps travaillé comme journaliste culturel et critique littéraire, pour les Inrockuptibles et à la radio (en particulier à France Inter). Né à la frontière allemande, il a vécu à Paris, puis à New York où il fut attaché culturel, en charge du Bureau du Livre français, et désormais à Berlin, où il a dirigé pendant cinq ans l’Institut français. Ses livres se nourrissent volontiers de références aux artistes, peintres, cinéastes, musiciens ou écrivains qu’il aime. Ni autofictions, ni récits traditionnels, ils tentent de dire un certain trouble du temps, le rapport entre la commune expérience du présent et le travail singulier de la mémoire (à moins que cela ne soit l’inverse).

Ses publications sur AOC

mercredi 22.07.20

Critique

Manchette, ou la fin d’une époque – à propos des Lettres du mauvais temps, Correspondance 1977-1995

par

Il y a 25 ans, l’écrivain Jean-Patrick Manchette est mort, laissant derrière lui une œuvre inachevée. En mai dernier est publiée sa correspondance de 1977 à 1995, dans Lettres du mauvais temps : s’y lisent alors 20 ans d’une réflexion continue sur ce que peut signifier être un romancier à la fin du XXe siècle, dans le rapport aux pratiques contemporaines, à la question des genres, à la fin également des avant-gardes, comme à cette espèce de toile de fond oppressante du politique, quand agonisent les rêves de révolution.

vendredi 10.07.20

Critique

Les rêveries d’une promeneuse accompagnée – sur Café Vivre de Chantal Thomas

par

Dans Café Vivre, qui rassemble des chroniques publiées de 2014 à 2018 dans le journal Sud Ouest, Chantal Thomas est fidèle à ce qu’on appellera volontiers une éthique de la liberté. Ouverte à tous les sujets et toujours disposée à la rencontre, elle voyage entre le continental et l’infime, à travers les lieux et les livres, de New York à Casanova, de son cher XVIIIe siècle au Japon contemporain, en passant par Arcachon ou le Malagar de François Mauriac… Mais ce serait réduire ce recueil que de le lire comme un simple journal de voyage(s), fût-il érudit : à travers le naturel très savant de son écriture se devine peut-être l’essentiel, à savoir quelque chose comme l’idéal d’une littérature heureuse.

mardi 02.06.20

Critique

Le monde d’après (la guerre froide) – à propos de John le Carré et du Bureau des légendes

par

Vingt-cinquième livre de John le Carré, Retour de service se présente comme un (excellent) roman d’espionnage à l’heure du Brexit : ou comment le maître absolu du genre s’empare du contemporain, au service d’une réflexion particulièrement critique sur le monde tel qu’il va. Il serait dommage pourtant de n’y lire qu’un message politique, ou une variation nostalgique sur une certaine mythologie de la guerre froide : comme pour la série Le Bureau des légendes, il y a quelque chose de plus profond, peut-être, dans la comédie humaine que continuent de jouer les espions d’aujourd’hui…

mardi 12.05.20

Critique

Où sommes-nous ? – sur Le Château de Franz Kafka

par

En ces temps de déconfinement très contrôlé, beaucoup espèrent pouvoir bientôt vraiment sortir. K, le héros du Château, troisième et ultime roman inachevé de Kafka, n’aspire lui qu’à une chose : rentrer. Le Château (en allemand « Das Schloss », qui signifie aussi « la serrure ») reste pourtant fermé, définitivement inaccessible, l’obligeant à décliner sans cesse son statut d’arpenteur « inconfinable »… Il nous invite surtout à réfléchir à ce dehors inconfortable de la littérature, la vraie, celle qui heureusement ne console de rien, même en temps de crise.

jeudi 19.03.20