Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire

Fabrice Gabriel est écrivain. Il a publié aux éditions du Seuil, dans la collection « Fiction & Cie », une manière de trilogie romanesque : Fuir les forêts (2006), Norfolk (2010), Une nuit en Tunisie (2017). Il est également l’auteur d’un essai sur le peintre Jean Fautrier (L’homme ouvert, 2002) et de textes divers pour des revues et catalogues d’exposition. Il a longtemps travaillé comme journaliste culturel et critique littéraire, pour les Inrockuptibles et à la radio (en particulier à France Inter). Né à la frontière allemande, il a vécu à Paris, puis à New York où il fut attaché culturel, en charge du Bureau du Livre français, et désormais à Berlin, où il a dirigé pendant cinq ans l’Institut français. Ses livres se nourrissent volontiers de références aux artistes, peintres, cinéastes, musiciens ou écrivains qu’il aime. Ni autofictions, ni récits traditionnels, ils tentent de dire un certain trouble du temps, le rapport entre la commune expérience du présent et le travail singulier de la mémoire (à moins que cela ne soit l’inverse).

Ses publications sur AOC

jeudi 15.10.20

Critique

Demain – lecture croisée de 2030 de Philippe Djian et des Émotions de Jean-Philippe Toussaint

par

Philippe Djian et Jean-Philippe Toussaint font paraître cet automne deux livres dont les thématiques se rejoignent, même si leurs manières diffèrent : 2030 et Les Émotions parlent du futur (en particulier de l’horizon proche et peu rassurant de l’année 2030…), donc de notre présent, individuel ou collectif. C’est l’occasion de s’interroger sur les trajectoires parallèles de ces deux romanciers, qui sans doute nous disent quelque chose des capacités contemporaines de la littérature à dire un monde aux perspectives bien peu sûres.

mardi 29.09.20

Critique

Lire sans gants ? – à propos de Notre dernière sauvagerie d’Éloïse Lièvre

par

Notre dernière sauvagerie est un livre d’images mais sans image : un livre d’imagination, où il faut réinventer la recension des situations de lecture et couvertures des volumes photographiées dans le métro par Eloïse Lièvre. L’écrivaine et presque enquêtrice envisage et met en ordre les mille et une façons de penser notre rapport aux livres. Mais, au milieu de ceux-ci, il y a un autre fil : le nœud défait du couple, telle une blessure prête à s’ouvrir à nouveau.

mardi 01.09.20

Critique

Mondialisation frénétique et quête d’absolu – sur Le grand vertige de Pierre Ducrozet

par

Le grand vertige de Pierre Ducrozet est un livre brillant et possiblement générationnel, une tentative ambitieuse de répondre par un récit-monde aux interrogations contemporaines les plus brûlantes, environnementales, politiques, peut-être esthétiques… L’écrivain répond aussi indirectement à une question qui se pose à chaque rentrée littéraire, sur le rapport entre le roman et le réel. Le résultat désigne-t-il une nouvel horizon romanesque ? On hésitera à trancher, mais le pari est sans conteste passionnant.

jeudi 06.08.20

Critique

Une voix et des fantômes – à propos de Je ne répondrai plus jamais de rien de Linda Lê

par

Je ne répondrai plus jamais de rien est le chant de mort d’une mère disparue, mais aussi la quête d’une fille qui, elle, continue de chercher des réponses. C’est au creux de l’absence que s’élève l’appel aux mots, aux voix, parfois échos, parfois fantasmes, qui interrogent le mystère de la disparition – que celle-ci ait lieu dans la mort ou par le refuge dans l’imaginaire. Un livre d’incantation donc, que Linda Lê signe une fois encore dans une langue toute en tension retenue, un livre de fantômes à la présence unique. Rediffusion du 8 janvier 2020

mercredi 22.07.20

Critique

Manchette, ou la fin d’une époque – à propos des Lettres du mauvais temps, Correspondance 1977-1995

par

Il y a 25 ans, l’écrivain Jean-Patrick Manchette est mort, laissant derrière lui une œuvre inachevée. En mai dernier est publiée sa correspondance de 1977 à 1995, dans Lettres du mauvais temps : s’y lisent alors 20 ans d’une réflexion continue sur ce que peut signifier être un romancier à la fin du XXe siècle, dans le rapport aux pratiques contemporaines, à la question des genres, à la fin également des avant-gardes, comme à cette espèce de toile de fond oppressante du politique, quand agonisent les rêves de révolution.