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Littérature

L’ingénu et le panier de crabe – à propos de Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz

Journaliste

Dans Vie de Gérard Fulmard, son quinzième roman, Jean Echenoz met en scène les intrigues au sein d’un petit parti politique, sur le mode décalé qu’on lui connaît. Cette tragédie burlesque est au service de sa langue, espiègle et puissamment sensorielle.

Il n’est pas toujours gratifiant d’être le « héros » d’un roman de Jean Echenoz. On n’est pas forcément avantagé par la nature ni même par ses parents. Ceux de Gérard Fulmard lui ont légué prénom et patronyme dont la rime n’est pas la plus élégante. Quant au physique : « Taille : 1,68 m. Poids : 89 kg. (…) Je ressemble à n’importe qui en moins bien ». Ça vous pose un homme. Ancien steward d’une compagnie aérienne remercié pour avoir trempé dans une histoire pas nette, sans ressources, Fulmard habite le petit appartement de sa mère décédée, rue Erlanger, à Paris.

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On sait l’importance des décors, chez Jean Echenoz. Ou plus exactement, des paysages, souvent urbains. À l’inverse de ce que seraient des décors, ces paysages n’ont pas une fonction passive. Ils existent avec force, sont en interaction avec les personnages, sont eux-mêmes en soi des personnages. Par exemple, la rue Erlanger. Elle a beau être située dans le XVIème arrondissement de Paris, elle n’est pas aussi fastue...

Christophe Kantcheff

Journaliste, Critique