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Littérature

Un remède contre l’immobilité – à propos de Monstres fabuleux d’Alberto Manguel

Critique Littéraire

Le déconfinement a timidement commencé, il reste toujours difficile de se déplacer et de se mêler aux autres. Pour y remédier, Alberto Manguel nous offre dans Monstres fabuleux un moyen de déambuler et de rencontrer les « monstres » de la littérature. Qu’apporte Manguel de plus à ce que nous savons déjà au sujet d’Alice et de Dracula, d’Emma Bovary ou d’Hamlet ? Des associations libres, un jugement nonchalant et parfois un tableau des réincarnations de ces héros dans d’autres fictions.

En un temps où l’attention est flottante, où l’esprit divague pendant que les yeux scrutent le vide, et que les corps bougent peu, lire Monstres fabuleux de l’érudit Alberto Manguel est un remède contre l’immobilité : barbu et compact, petit et paisible monument d’érudition, Alberto Manguel est le chantre des voyages imaginaires qu’offrent les fictions. Lorsqu’il est impossible ou difficile de se déplacer et de se mêler aux autres, cette grille de lecture du monde, cette célébration des nuances est un moyen de déambuler.

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L’écrivain âgé de 72 ans, d’origine argentine et de nationalité canadienne, nous met en mouvement tranquillement. Il n’est jamais tranchant, ni pédant. Il caresse ses références, glisse de l’une à l’autre. Dans un même chapitre, il passe de la biographie de La Belle au bois dormant à une anecdote sur l’attente et la mort. Nombreux sont les passages de Monstres fabuleux qui font...

Virginie Bloch-Lainé

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