C Critique

Littérature

Mondialisation frénétique et quête d’absolu – sur Le grand vertige de Pierre Ducrozet

Écrivain

Le grand vertige de Pierre Ducrozet est un livre brillant et possiblement générationnel, une tentative ambitieuse de répondre par un récit-monde aux interrogations contemporaines les plus brûlantes, environnementales, politiques, peut-être esthétiques… L’écrivain répond aussi indirectement à une question qui se pose à chaque rentrée littéraire, sur le rapport entre le roman et le réel. Le résultat désigne-t-il une nouvel horizon romanesque ? On hésitera à trancher, mais le pari est sans conteste passionnant.

À chaque rentrée littéraire, l’effet de calendrier aidant, on dirait que revient presque rituellement la question du rapport du roman au réel, et de sa capacité à saisir quelque chose du monde où nous sommes… Cet authentique marronnier journalistique, post-balzacien, semble même avoir repris des couleurs depuis les années 2000 et l’espèce d’irradiation sardonique du succès de Michel Houellebecq, lequel a vite suscité la vocation d’épigones nombreux, parfois éphémères et souvent mineurs, disons-le, œuvrant avec plus ou moins de bonheur à construire une manière de néo-Comédie humaine qui intégrerait le bouleversement des régimes de communication, la globalisation galopante des échanges, les ressorts contemporains du monde marchand, etc.

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Pierre Ducrozet est-il de cette descendance ? Assurément non, ou alors a contrario, même si son objet est bien le présent, voire le futu...

Fabrice Gabriel

Écrivain, Critique littéraire