Sublime, forcément sublime ? – sur Musée Duras de Julien Gosselin
C’était aux Ateliers Berthier – rendez-vous à dix heures, pour dix heures de spectacle, scandées par des pauses de dix minutes, telle était l’équation. D’abord, ce fut le jour. Puis la nuit s’immisça peu à peu et, en sortant, il faisait noir à la manière dont il peut faire noir dans le 17e arrondissement de Paris. Au fur et à mesure des brefs entractes, le voisinage s’interrogeait : on part ? on reste ?

Beaucoup sont resté·es, d’autres arrivaient. À la fin, non pas d’une « nuit au musée », mais de cette journée entière passée au Musée Duras, orchestrée par le nouveau directeur de l’Odéon – Théâtre de l’Europe, on quitte la salle avec l’impression d’avoir vécu une expérience intense où percent quelques moments de grâce, d’agacement parfois, fourbue mais aucunement déçue.
« Musée Duras » – le titre plaît et interpelle. Que signifie un tel accolement ? Loin de vouloir muséifier M.D., déjà érigée au statut d’icône disposant, comme il sied en pareil cas, de son lot de fervents défenseurs autant que de détracteurs, Julien Gosselin propose une déambulation immobile, par coups de sonde, au cœur de son œuvre éclectique, revigorant l’éternité sublime de son écriture à travers sa grammaire perso – fumée, techno, strobo, vidéo – et la jeunesse toute contemporaine de ses interprètes.
Entendons alors ce terme de « musée » au sens de sa définition moderne, à savoir une « collection d’œuvres exposées au public », et, dans le cas présent, celles-ci correspondent à des passages extraits parmi les ouvrages les plus célèbres – L’Amant, La Douleur, La Maladie de la mort – jusqu’à des textes plus confidentiels – L’Homme assis dans le couloir, La Musica deuxième –, piochant aussi bien dans les romans que les scénarios (Hiroshima mon amour), les films (L’Homme Atlantique), ou encore les pièces de théâtre (Savannah Bay, Suzanna Andler, L’Amante anglaise), ou d’autres textes (Le Théâtre, L’Exposition de la peinture).
Bien sûr, Gosselin est malin, et l’on ne s’attendait, de sa part,
