Art contemporain

Paravent – sur « Sœur de jour » d’Éléonore False

Critique d'art

Au CCC OD de Tours, l’exposition « Sœur de jour » invite à redéfinir notre expérience esthétique en arpentant un dialogue entre photographies, sculptures, sons et éléments suspendus. Dans le prolongement de sa démarche relevant du photomontage et du collage, Éléonore False décompose le processus artistique qui se fait ici la charade d’une production en cours.

Un long rideau découpe la salle principale de l’exposition dans la salle blanche immaculée située à l’étage. L’effet visuel est intriguant. Pouvant s’apparenter à un rideau de scène, ce dernier se situe à l’extrémité de la pièce, laissant le visiteur traverser quasiment l’intégralité du plateau avant de passer « de l’autre côté », et d’en découvrir le verso. C’est alors que commence le jeu ambigu d’un « paravent » entre ce qui se donne à voir et ce qui est dissimulé.

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De l’autre côté du miroir, par un truchement ludique ou architectural, l’artiste nous invite à parcourir l’endroit et à y voir, ou y à trouver ce qui s’y cache ou ce qui est isolé. Ce jeu de superposition, de masquage et de stratification occupe une place de choix dans l’œuvre d’Éléonore False. Depuis une quinzaine d’années l’artiste expérimente l’image, sa trame et sa construction et d’en faire ressortir, déjà, certains points saillants afin d’en donner une lecture autre.

« Sœur de jour », exposition de l’artiste au CCC OD à Tours, n’échappe pas à l’ambition de l’artiste sur le volet de l’image comme sur la structuration de l’œuvre et sa réalisation. Ainsi, l’installation centrale de la galerie blanche reprend les principaux points de son vocabulaire plastique entre découpe, trame et ajout, et cela afin d’en proposer les contours et une lecture possible. Prenant pour point de départ, et d’inspiration, le plateau d’assemblage servant à combiner les éléments d’un bijou, les différentes parties font dialoguer des éléments suspendus, photographies, sculptures et accompagnements sonores. Pour partie coproduite avec le centre de céramique de la Borne et avec le centre d’art des Tanneries à Amilly, l’installation éponyme « Sœur de jour » vient justement scénographier l’approche visuelle et les textures et formes qui s’y retrouvent. Au paravent répond la phrase de Michel de Certeau que l’artiste nous partage : « les corps se lavent, se parent, se parfument, prennent le temps de vivre et de rêver », a


Léo Guy-Denarcy

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