Ça ne peut pas s’arrêter là – sur la trilogie Wives d’Anja Breien
Réalisé à Oslo par Anja Breien en 1975, <i>Wives</i> est une réponse féministe au célébrissime <i>Husbands</i> de Cassavetes : la dérive psycho-géographique de trois anciennes camarades de classe, laissant de côté maris et enfants. Le film ressort, accompagné de ses deux suites tournées dans les années 1980 et 1990.

Découvrir aujourd’hui cette trilogie, à la fois instantanée et au long cours, c’est faire l’expérience d’un fondu-enchaîné entre les âges de la vie des femmes (de la trentaine à la cinquantaine) et les airs du temps des années 1970 aux 1990. Une œuvre affichant à la fois sa constance de propos et une inspiration nécessairement composite et rapiécée, quelque part entre le brûlot libertaire et un hypothétique <i>Sex and the City</i> bergmanien.
« Il faut rester ensemble. On ne peut pas s’arrêter là. » C’est avec ces mots que trois amies trentenaires, Mie, Kaja et Heidrun, qui étaient parties pour se dire au revoir, se retrouvent par une dernière surprise, sur un quai du port d’Oslo. L’image se fige et un intertitre apparaît : « Mais le film se termine ici. » Voilà la fin de Wives (1975), film norvégien qui des mots mêmes de sa réalisatrice Anja Breien est une réponse féministe au Husbands de Cassavetes (1970). Lequel film de Cassavetes, sur « les hommes en liberté », les « hommes entre eux », est aussi détonnant que parfois éprouvant. C’était une chose qu’on n’avait jamais osé trop dire. On a beau adorer ce cinéaste, Husbands est le seul Cassavetes qu’on n’a pas osé revoir tant il laissait un drôle d’arrière-goût à certains relents machistes et aurait peut-être mérité une sanctification moins équivoque. Mais on ne savait pas que loin du cinéma américain, existait donc ce contrechamp nordique qui avait osé discuter et se réapproprier ce modèle. Wives est donc un Husbands avec inversion des genres : l’histoire de femmes qui s’accordent quelques journées de liberté, se retrouvent entre elles, surtout avec elles-mêmes, en mettant à distance leurs ass
