Arc en ciel – sur Julio Le Parc (1928-2026)
Comme plus de 200 000 visiteurs, j’ai découvert physiquement les œuvres de Julio Le Parc lors de son exposition au Palais de Tokyo en 2013. Fasciné par la richesse de l’ensemble, son impertinence et sa générosité, le parcours parisien permet un retour sur l’ensemble de l’œuvre depuis les années 50 dans une actualisation inédite au plus près de la création contemporaine et le tout dans le temple européen du contemporain.

Le jeune homme de 98 ans nous a quittés le 30 mai. Il emporte avec lui une histoire de l’art qui se confond avec l’espace-temps et la vision, une histoire des idées et des engagements politiques qui ont marqué le siècle précédent, jusqu’à déborder, avec talent, sur le XXIe siècle.
Né en Argentine au pied de la Cordillère des Andes en 1928, Julio Le Parc se passionne tôt pour l’art et le dessin, et intègre l’école des Beaux-Arts de Buenos Aires, où il se spécialise dans l’œuvre de Lucio Fontana. En 1958, l’artiste quitte l’Argentine pour Paris où il est rejoint par un groupe d’exilés et s’inscrit dans l’avant-garde éruptive de l’époque, portée par un courant de liberté hors norme qui lui ressemble et le construit. Les expériences du Grav (Groupe de Recherche en Arts Visuels), et notamment la fameuse Journée dans la Rue d’avril 1966, offrent un écrin de choix pour celui qui est, la même année, récipiendaire du Prix de Peinture de la Biennale de Venise.
L’œuvre toute entière de Julio Le Parc est dirigée vers l’extérieur, le mouvement, la sensation et, finalement, vers une accessibilité de l’œuvre qui (déjà) ferait défaut. Le Parc se qualifie de « simple ouvrier de la recherche plastique » dans un engagement tant artistique que politique, dont les prises de position tout au long de sa vie ne se trahiront pas.
D’où parles-tu camarade ?
Engagé dans la diffusion comme dans la production de ses œuvres, Julio Le Parc n’aura eu de cesse de catalyser et de rendre lisible l’impact de l’art sur le monde, la société et la vie. Sans préjuger d’une capacit
