Art contemporain

De l’avis des marionnettes – sur Drama 1882 de Wael Shawky

Critique

Jusqu’à fin juillet, le Grand Palais montre le drame historique chanté que l’artiste a créé pour le pavillon égyptien de la Biennale de Venise 2024. Une œuvre à visage découvert (sans masques ni marionnettes), inusitée dans le corpus de ce plasticien, musicien et réalisateur, mais qui continue d’interroger le sens de l’Histoire comme création humaine et continuum aussi étale que désespérant.

For some reason, comme on dit en anglais (et elles sont nombreuses, liées au maillage de l’argent de l’art, des curateur·ices et à notre histoire coloniale), Wael Shawky, né à Alexandrie en 1971, semble moins reconnu à Paris qu’à Londres, en Allemagne ou en Italie (Turin, Palerme).

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Certes, on a pu voir le film I Am Hymns of the New Temples (2023) au LaM de Villeneuve-d’Ascq – qui l’avait coproduit – puis l’été dernier à Arles, à Luma. Au Palais de Tokyo, Al Araba Al Madfuna s’était installé en 2020 dans l’expo collective « Notre Monde Brûle » : un assemblage de sables, poteries fracassées et de vidéos « comme des traces de rêves ». Mais pas de lieux ou d’étendues comparables à celleux de ses expositions du MoMA PS1, de la Tate ou du Castello di Rivoli. À cause de cette faible surface, certains articles de presse hexagonaux le classent encore en 2026 comme « artiste émergent ».

C’est dans le cadre de sa « Saison Méditerranée 2026 » que le Grand Palais reprend jusqu’à fin juillet Drama 1882, créé pour le pavillon égyptien de la Biennale de Venise en 2024. La projection est gratuite. Il y a des tables et des chaises de café pour décor. On entre, on sort. Souvent, on reste. Des enfants disent « C’est trop beau » et vont chercher leurs parents. De vieilles amies s’assoient cinq minutes dans l’auditorium, entre deux expos (elles ont remarqué ce rideau qui cache un cinéma improvisé). Une séquence du film se clôt – il y en a huit. Elles décident de rester pour la suivante. Puis encore la suivante. D’autres reviennent dans la salle après y avoir été arraché·es par leurs potes qui voulaient voir Matisse. De fait, lorsqu’on assiste à la projection d’une œuvre de Wael Shawky, il est difficile de ne pas demeurer jusqu’au bout ou du moins jusqu’à la boucle, si l’on est arrivé au milieu. Drama 1882 dure 45 minutes, I Am Hymns of the New Temples 57 minutes.

Musicalement, on est plutôt dans l’improvisation et la tradition modale savante arabe, où répétition et étirement du


[1] Ici manque un paragraphe de comparaison avec le boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid. Nous n’avons pas pu le retrouver malgré nos recherches.

Éric Loret

Critique, Journaliste

Notes

[1] Ici manque un paragraphe de comparaison avec le boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid. Nous n’avons pas pu le retrouver malgré nos recherches.