Eric Loret

Critique, Journaliste

Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (1992), Éric Loret est titulaire d’un DEA d’histoire et sémiologie du texte de l’image. Il enseigne ensuite pendant seize ans à IES Paris (Film studies, Literature) en menant en parallèle une collaboration extérieure à Libération. Il devient chef-adjoint du service Culture de ce journal, jusqu’à son départ en 2015. Il a entre autres été chroniqueur pour l’émission La Dispute de France Culture et fondateur du site Droguistes.fr. Auteur d’un Petit manuel critique (Les prairies ordinaires, 2015), il écrit actuellement pour le Monde des Livres et En attendant Nadeau.

Ses publications sur AOC

jeudi 21.01.21

Critique

Le réel, c’est maintenant – à propos de Médecine générale d’Olivier Cadiot

par

Pour appâter le lecteur, on pourrait dire que le nouveau récit d’Olivier Cadiot, avec son trio de personnages cloîtrés dans une vieille maison, est le premier grand roman sur le confinement. Certes. Mais il s’agit ici de lutter contre une maladie mystérieuse. En effet, de quoi, comment, pourquoi les trois personnages sont-ils malades, ce n’est pas clair, même si l’on comprend que c’est la maladie de la vie. Quel remède face à cela ? Une médecine générale, au sens de « purification générale » ?

samedi 09.01.21

Entretien

Nathalie Quintane :
« La démocratie niche parfois dans la poésie, à défaut d’être ailleurs. »

par

Alors que son nouveau livre prend des airs de Tour de France d’une vieille enfant et raconte toute une vie passée par et dans l’Éducation nationale, l’écrivaine revient ici sur son œuvre et l’articulation au jour le jour du poétique et du politique, que ce soit à l’école, dans les livres ou dans la rue. Où l’on verra passer Jeanne d’Arc, les Gilets jaunes, Darmanin, Hélène Bessette, un lion et LVMH. Un entretien aussi drôle que flippé, aussi optimiste que « défait » et aussi offensif qu’à l’écoute du monde.

mardi 22.12.20

Critique

Éloge de la porosité – à propos de Saturne de Sarah Chiche

par

Avec Saturne, le tour de force de Sarah Chiche n’est évidemment pas de raconter l’histoire de ses parents et grands-parents à partir de documents ou de récits, ce qui serait commun, mais de la revivre, de l’écrire comme une métempsycose, de l’autre côté du miroir. Elle ne la redit pas, elle l’in-vente au sens littéral : elle la rencontre. Elle devient ses géniteurs. Rediffusion du 31 août 2020.

mercredi 09.12.20

Critique

Y aura-t-il de la poésie à Noël ? – à propos de Jacques Barbaut, Pierre Mabille et Charles Pennequin

par

Le titre est pris d’un vieux film qui fut jeune : Y aura-t-il de la neige à Noël ? où le flocon était à la fois promesse et mirage de réconciliation. Ici c’est pareil : oui, la poésie abonde en décembre éditorial ; non, elle ne guérit de rien. Trois écrivains creusent le trou du verbe et de ses manques jusqu’à ce que, comme chez Hölderlin, « l’absence du dieu leur vienne en aide ». L’un se fait poisson, le second « put » et le troisième annule les dictionnaires.

vendredi 25.09.20

Critique

« J’aurais voulu être un.e artiste » – sur Térébenthine de Carole Fives

par

Tableau du sexisme et du snobisme régnant dans un certain milieu de l’art contemporain, Térébenthine de Carol Fives invite le lecteur à un « pas de côté » et à méditer un double effacement : celui de la femme et celui de la peinture. Grâce au dialogue, omniprésent, l’autrice croque les personnages par leurs manières de parler, par le fil de leur pensée : à y regarder de plus près, c’est plutôt du dessin que de la peinture. Simples coups de crayon, allant du tendre à la caricature en passant par la colère ou le flottement.