Eric Loret

Critique, Journaliste

Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (1992), Éric Loret est titulaire d’un DEA d’histoire et sémiologie du texte de l’image. Il enseigne ensuite pendant seize ans à IES Paris (Film studies, Literature) en menant en parallèle une collaboration extérieure à Libération. Il devient chef-adjoint du service Culture de ce journal, jusqu’à son départ en 2015. Il a entre autres été chroniqueur pour l’émission La Dispute de France Culture et fondateur du site Droguistes.fr. Auteur d’un Petit manuel critique (Les prairies ordinaires, 2015), il écrit actuellement pour le Monde des Livres et En attendant Nadeau.

Ses publications sur AOC

vendredi 29.05.20

Critique

Souffle ténu du printemps – sur Le Paradis d’Alain Cavalier

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Si vous aussi, en confinement et même après, vous ne pouvez pas ouvrir un livre, vous pourrez sans doute regarder Le Paradis d’Alain Cavalier, sorte d’autobiographie de tout le monde. Outre la leçon de « pauvreté » que Cavalier pourrait fournir à tout créateur en temps de confinement, il en est une autre légèrement moins évidente, c’est celle de « l’adresse ». Cavalier a expliqué qu’il construit ses films en ne sachant rien d’avance. Le bonheur qui coule à chaque plan tient peut-être aussi à cela : c’est qu’il nous parle en filmant. Qu’il chuchote dans notre oreille, porte son texte sur un souffle, nous transformant en point d’écoute.

lundi 13.04.20

Critique

Rois en exil – à propos d’Un nid pour quoi faire d’Olivier Cadiot

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Paru en 2007, Un nid pour quoi faire apparaît comme le guide idéal pour une expérience intérieure rigolote, même si Olivier Cadiot n’en parle pas moins beaucoup de l’extérieur, et vers l’extérieur. L’histoire se déroule à la cour d’un monarque en exil, comateux sous le blanc tapis de l’hiver, coincé « pour l’éternité » avec ses conseillers. À moins que cette neige ne soit une poussière d’après la fin du monde, d’après la fin des arrière-mondes.

mardi 18.02.20

Critique

Bretécher et nous

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Le 10 février dernier mourait Claire Bretécher, à l’âge de 79 ans. Figure pionnière de la bande-dessinée humoristique française, l’artiste a su mieux que personne raconter la société et ses travers avec une acuité presque sociologique, corrosive par sa lucidité, pratiquant finalement un humour qui se moque de ses propres dénis. À ce titre, Bretécher restera intemporelle.

lundi 03.02.20

Critique

En lisant du Lindon – à propos de Moi, qui que je sois

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On n’y comprend rien, cela devrait être la seule définition de la critique. Et tant mieux, sinon on arrêterait de lire, de regarder, de visiter. On n’y comprend rien donc on avance, avec le dernier récit de Mathieu Lindon, la route est escarpée comme Escher mais pas triste et lasse, au contraire ça jouit à tous les coins de phrase. Il y a une enquête, des logiciens en forme de nez, un jeune homme nu ou plus si affinités, et à la fin tout le monde est ressuscité.

mercredi 06.11.19

Critique

Un ballet mécanique – à propos de la 15e Biennale d’Art contemporain de Lyon

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Assez vite, on décida de les appeler Phagor, plutôt que Fagor. Du grec phagein, manger. Les anciennes usines Fagor, 29000 m2 laissées en l’état avec bureaux, poulies, fosses, rails et autres accueillent une partie de « Là où les eaux se mêlent », 15e Biennale d’art contemporain de Lyon, à la place du bâtiment de la Sucrière. Ce changement de lieu signe aussi un changement de direction à la tête du Musée d’Art Contemporain de Lyon et de la Biennale, avec l’arrivée d’Isabelle Bertolotti et le départ de Thierry Raspail à la retraite.