Eric Loret

Critique, Journaliste

Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (1992), Éric Loret est titulaire d’un DEA d’histoire et sémiologie du texte de l’image. Il enseigne ensuite pendant seize ans à IES Paris (Film studies, Literature) en menant en parallèle une collaboration extérieure à Libération. Il devient chef-adjoint du service Culture de ce journal, jusqu’à son départ en 2015. Il a entre autres été chroniqueur pour l’émission La Dispute de France Culture et fondateur du site Droguistes.fr. Auteur d’un Petit manuel critique (Les prairies ordinaires, 2015), il écrit actuellement pour le Monde des Livres et En attendant Nadeau.

Ses publications sur AOC

jeudi 10.09.20

Critique

Une femme qui dort – à propos d’ Énorme de Sophie Letourneur

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Comédie du renversement des genres, Enorme est aussi une mise à l’épreuve du cinéma. Comme dans La vie au Ranch (2010) ou Gaby, Baby Doll (2014), Sophie Letourneur met en scène une femme fatiguée, anomique, traversée par son art et par la vie, dont le salut repose sur la capacité à interpréter les signes ou non — ce qui est le travail même de la réalisatrice depuis ses débuts.

lundi 31.08.20

Critique

Éloge de la porosité – à propos de Saturne de Sarah Chiche

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Avec Saturne, le tour de force de Sarah Chiche n’est évidemment pas de raconter l’histoire de ses parents et grands-parents à partir de documents ou de récits, ce qui serait commun, mais de la revivre, de l’écrire comme une métempsycose, de l’autre côté du miroir. Elle ne la redit pas, elle l’in-vente au sens littéral : elle la rencontre. Elle devient ses géniteurs.

jeudi 16.07.20
vendredi 29.05.20

Critique

Souffle ténu du printemps – sur Le Paradis d’Alain Cavalier

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Si vous aussi, en confinement et même après, vous ne pouvez pas ouvrir un livre, vous pourrez sans doute regarder Le Paradis d’Alain Cavalier, sorte d’autobiographie de tout le monde. Outre la leçon de « pauvreté » que Cavalier pourrait fournir à tout créateur en temps de confinement, il en est une autre légèrement moins évidente, c’est celle de « l’adresse ». Cavalier a expliqué qu’il construit ses films en ne sachant rien d’avance. Le bonheur qui coule à chaque plan tient peut-être aussi à cela : c’est qu’il nous parle en filmant. Qu’il chuchote dans notre oreille, porte son texte sur un souffle, nous transformant en point d’écoute.

lundi 13.04.20

Critique

Rois en exil – à propos d’Un nid pour quoi faire d’Olivier Cadiot

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Paru en 2007, Un nid pour quoi faire apparaît comme le guide idéal pour une expérience intérieure rigolote, même si Olivier Cadiot n’en parle pas moins beaucoup de l’extérieur, et vers l’extérieur. L’histoire se déroule à la cour d’un monarque en exil, comateux sous le blanc tapis de l’hiver, coincé « pour l’éternité » avec ses conseillers. À moins que cette neige ne soit une poussière d’après la fin du monde, d’après la fin des arrière-mondes.