Art Contemporain

Clément Cogitore : « Dès qu’on assemble des choses, on produit de la narration »

Journaliste

L’art contemporain se donne de plus en plus souvent à voir dans des salles obscures. Les vidéastes occupent le devant de la scène ainsi qu’en témoigne une nouvelle fois la remise il y a quelques jours du prix Marcel Duchamp à Clément Cogitore, un (encore) jeune artiste qui travaille l’image en mouvement, et présente au Centre Pompidou à Paris son film The Evil Eye, avant de mettre en scène des Indes Galantes à l’Opéra Bastille l’an prochain.

Dans la galerie 4 du Centre Pompidou à Paris sont actuellement présentées les œuvres des finalistes du Prix Marcel Duchamp, traditionnellement remis dans le cadre de la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC). Surprise : toutes contiennent au moins un élément vidéo. Et c’est un pur vidéaste, Clément Cogitore, qui vient cette année d’être récompensé. Le jeune artiste n’en est pas à son premier prix, qui fut dès 2015 lauréat du Prix BAL de la Jeune création mais aussi, dans un autre domaine, nommé à la Caméra d’Or du Festival de Cannes pour son film Ni le ciel ni la terre. Ses allers et retours avec le cinéma furent aussi l’occasion d’un documentaire très remarqué lors de sa sortie en salle en 2017, Braguino, histoire hallucinante d’une utopie impossible au fin fond de la taïga sibérienne. Mais quelle que soit la destination de son travail – exposition ou salle –, il s’agit toujours de raconter des histoires, un besoin fondamental pour les Hommes, Clément Cogitore en est convaincu. RB

Vous venez d’obtenir le prix Marcel Duchamp, remis dans le cadre de la FIAC par l’ADIAF, une association de collectionneurs. Quel rapport entretenez-vous avec le marché de l’art ?
J’ai un rapport complexe, ambigu avec le marché de l’art, que vient rendre plus complexe encore le fait d’être vidéaste et, aussi, de réaliser des films de cinéma. Je participe à très peu de foires, je n’ai, par exemple, jamais conçu de nouvelle production spécifiquement pour une foire. Mes pièces sont très lourdes, prennent beaucoup de temps à mettre en place et je n’ai pas le désir de créer des pièces pour qu’elles soient simplement présentées trois jours sur une foire avant de disparaître. Je n’ai pas la ressource pour cela. Mais je ne nourris pas non plus d’aversion totale pour le marché de l’art. Je pense juste qu’il comporte ses travers, comme tous les marchés. Et que ceux du marché de l’art sont particulièrement spectaculaires. Je ne lance donc aucun anathème sur le marché de l’art, c’est un march


Raphaël Bourgois

Journaliste, Rédacteur en Chef d'AOC

Rayonnages

Arts plastiques