Urbanisme

Patrick Bouchain : « L’auto-construction est une solution à la crise du logement social »

Journaliste

Patrick Bouchain recevra le 17 décembre le Grand prix de l’urbanisme 2019. Une récompense qui a de quoi faire sourire l’architecte iconoclaste qui a consacré toute son œuvre à dynamiter la programmation et autres plans d’occupation, mais qu’il accepte au nom de la nécessité de faire de l’urbanisme autrement.

Patrick Bouchain est architecte, scénographe, et connu pour avoir réhabilité de nombreux sites industriels en lieux culturels mais aussi pour s’être spécialisé dans la construction de structures éphémères au service d’une architecture à Haute Qualité Humaine. « L’architecture est politique et doit répondre au souci de l’intérêt général », voilà en quelques mots résumés par Patrick Bouchain lui-même sa conception d’un métier auquel il s’est formé, mais qu’il ne pensait pas forcément exercer. Il a commencé à construire tardivement, vers 40 ans, après avoir passé plusieurs années à enseigner et à repenser surtout la meilleure façon de transmettre. De cette expérience, il retire un certain nombre de convictions sur la valeur de la participation, de l’initiative, la nécessité de partir de l’existant et du besoin exprimé par ceux qui habitent ou fréquentent les lieux qu’il aménage. Mais aussi une certaine défiance vis-à-vis des règles et réglementations qu’il se plaît à contourner. Bref, le contraire de ce qu’on entend habituellement par urbanisme. Cela n’a pas empêché un jury international de lui attribuer le Grand Prix de l’urbanisme 2019, qui lui sera remis par Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. RB

Avez-vous été surpris par l’attribution du Grand prix d’urbanisme que vous recevrez le 17 décembre ?
Oui c’est assez drôle de le recevoir à 75 ans, moi qui n’ai aucun diplôme et n’ai jamais accepté aucune distinction, ni aucun honneur. Je me suis d’ailleurs posé la question de l’accepter, mais il aurait tout de même été très prétentieux de refuser. Car cette décision prise par un jury international de m’attribuer le Grand Prix d’Urbanisme est peut être le signe que ce que je fais depuis toutes ces années était bien de l’urbanisme malgré ce qu’on me disait souvent. On se représente l’urbanisme plutôt comme une matière qui a à voir avec l’économie, la planification, la prise de décision. En ce


Raphaël Bourgois

Journaliste, Rédacteur en Chef d'AOC

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