Art Contemporain

Nina Childress : « Il faut que la peinture soit plus intéressante que la photo »

Critique

Née à Pasadena (Californie) au début des années 60, arrivée en France à cinq ans, devenue chanteuse du groupe punk parisien Lucrate Milk, puis du collectif d’artistes Les Frères Ripoulin, Nina Childress peint depuis quarante ans. Pour la première fois, son œuvre fait l’objet d’une grande exposition monographique rétrospective. C’est à la Fondation d’entreprise Ricard et sous le commissariat d’Eric Troncy. L’occasion d’un long entretien.

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Du 17 février au 28 mars 2020, le commissaire d’exposition Éric Troncy expose les peintures de Nina Childress à la Fondation d’Entreprise Ricard. L’artiste franco-américaine, qui a participé à la scène punk des années 80 avec le groupe Lucrate Milk avant d’intégrer entre 1984 et 1988 le collectif artistique des Frères Ripoulin, se présente aujourd’hui sous le simple titre « d’artiste-peintre ». Cette simplicité, c’est celle de l’évidence de la peinture à travers laquelle Nina Childress n’a jamais cessé de pratiquer sa passion des images, des couleurs et des décors quotidiens. C’est aussi la simplicité du geste d’Éric Troncy qui choisit d’exposer ce travail de peinture tel qu’il est, avec son obsession de la collection d’images, des idoles féminines, du flashy et du fluo, ses effets de décalages incessants et son humour. Au sein de l’art contemporain, la seule peinture n’a pourtant plus la même évidence, et rarement une telle visibilité. Se dire « artiste-peintre » aujourd’hui, avec ce que ce mot a de terriblement désuet, s’apparente dès lors à une réelle revendication que traduisent les œuvres sans compromis de Nina Childress, qui est également depuis la rentrée professeure aux Beaux-Arts de Paris. RV

Comment est née cette exposition ?
La Fondation d’Entreprise Ricard m’a proposé de faire une exposition en m’expliquant que le principe est d’inviter un commissaire que l’artiste ne connait pas, pour une sorte d’enrichissement mutuel. J’avais un peu peur, je n’ai pas l’habitude de travailler avec des commissaires ! Colette Barbier (directrice de la Fondation) a pensé à Éric Troncy, un ami de longue date avec lequel elle avait déjà travaillé. J’ai tout de suite été enchantée par la proposition parce que c’est quelqu’un qui m’a formée à travers ses écrits. J’ai toujours été très fan de son travail, de certaines expositions qu’il a faites, comme à la triennale de la Force de l’Art où il a montré des œuvres difficiles de Bernard Buffet (Superdéfense, 2006). Dern


Rose Vidal

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