Rose Vidal

Critique

Rose Vidal est étudiante en Lettres et Arts à l’université de Paris-Diderot, et élève de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Ses recherches portent sur la contemporanéité des formes d’art depuis la Renaissance. Elle est membre de l’État NSK (Neue Slowenische Kunst), qui lui remet en 2016 son passeport diplomatique.

Ses publications sur AOC

vendredi 22.05.20

Critique

Il ne s’agit pas simplement de vivre, pour vivre, ni de mourir, pour mourir – sur Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch

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Avec Only Lovers Left Alive, Jim Jarmusch raconte l’histoire d’amour de deux vampires immortels. Un simple drame adolescent ? Peut-être, mais parce qu’il soulève des questions fondamentales et complexes : l’adolescence, c’est le temps de l’amour, du désir, de la transformation, de l’impression d’être éternel. Des questions qui nous invitent, aujourd’hui plus que jamais, à interroger notre propre rapport à la vie et à la mort, à soi et à l’autre, et à se poser cette question : quelle vie doit-on réellement craindre de perdre ?

mercredi 29.04.20

Critique

Des oiseaux de bon augure — sur les Shadoks de Jacques Rouxel

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Nés il y a tout juste 52 ans – le 29 avril 1968 – les Shadoks sont des créatures bêtes et méchantes, vivant dans une société aux règles et aux définitions très strictes, qui rendent possible la cohabitation, et la gestion des crises très fréquentes qui adviennent sur leur planète. Aujourd’hui, alors que nous traversons nous-mêmes une crise, utilisons la société des Shadoks, dans ses principes les plus élémentaires, comme un miroir pour en tirer des leçons complexes. En d’autres termes : pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?

lundi 06.04.20

Critique

Pourquoi espionner ses voisins en temps de confinement – à propos de Fenêtre sur cour

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Que nous donne à voir le Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, sinon ce moment de bascule où se crée, par l’irruption d’un drame partagé, une convergence des regards ? Autant de vies parallèles se nouent alors autour d’un fil narratif mis en commun : le voisinage s’élabore, dans la réciprocité qu’engage le passage de l’œil spectateur à l’œil voyeur – car regarder vers là-bas, c’est en retour admettre que ce qui se passe là-bas me regarde.

mercredi 18.03.20

Critique

Il y a quelque chose d’érotique à sauver la littérature – à propos de Warum de Pierre Bourgeade

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Vingt après sa publication, le Warum de Pierre Bourgeade est-il aujourd’hui, comme le suggère la quatrième de couverture de sa réédition, plus transgressif encore ? S’il s’agit de l’érotisme du texte, la proposition semble outrée : l’érotique, ici, est bien davantage colonne vertébrale, basse sourde et continue qui structure un texte marqué par ses heurts, sa polyphonie, l’éclatement des espaces et des temps qui le constituent – il est le maillon d’un alliage d’où le romanesque saillit, ébranlant désirs et fantasmes, qu’il travaille et reconfigure.

lundi 02.03.20

Critique

Réécrire l’image photographique – à propos de Jardin d’hiver, l’exposition de Jochen Lempert

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Alors que nous vivons une époque inondée d’images photographiques, la force du Jardin d’hiver de Jochen Lempert, exposé au Crédac jusqu’au 29 mars 2020, est précisément de célébrer les petites choses de la nature par ce qu’elles ont d’invisible. Le travail du photographe allemand, présenté en une série de tirages à l’irrégularité vaporeuse proche de celle du dessin, constitue ainsi un véritable jardin où fleurissent les images.