Rose Vidal

Critique

Rose Vidal est étudiante en Lettres et Arts à l’université de Paris-Diderot, et élève de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Ses recherches portent sur la contemporanéité des formes d’art depuis la Renaissance. Elle est membre de l’État NSK (Neue Slowenische Kunst), qui lui remet en 2016 son passeport diplomatique.

Ses publications sur AOC

lundi 06 .04

Critique

Pourquoi espionner ses voisins en temps de confinement – à propos de Fenêtre sur cour

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Que nous donne à voir le Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, sinon ce moment de bascule où se crée, par l’irruption d’un drame partagé, une convergence des regards ? Autant de vies parallèles se nouent alors autour d’un fil narratif mis en commun : le voisinage s’élabore, dans la réciprocité qu’engage le passage de l’œil spectateur à l’œil voyeur – car regarder vers là-bas, c’est en retour admettre que ce qui se passe là-bas me regarde.

mercredi 18 .03

Critique

Il y a quelque chose d’érotique à sauver la littérature – à propos de Warum de Pierre Bourgeade

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Vingt après sa publication, le Warum de Pierre Bourgeade est-il aujourd’hui, comme le suggère la quatrième de couverture de sa réédition, plus transgressif encore ? S’il s’agit de l’érotisme du texte, la proposition semble outrée : l’érotique, ici, est bien davantage colonne vertébrale, basse sourde et continue qui structure un texte marqué par ses heurts, sa polyphonie, l’éclatement des espaces et des temps qui le constituent – il est le maillon d’un alliage d’où le romanesque saillit, ébranlant désirs et fantasmes, qu’il travaille et reconfigure.

lundi 02 .03

Critique

Réécrire l’image photographique – à propos de Jardin d’hiver, l’exposition de Jochen Lempert

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Alors que nous vivons une époque inondée d’images photographiques, la force du Jardin d’hiver de Jochen Lempert, exposé au Crédac jusqu’au 29 mars 2020, est précisément de célébrer les petites choses de la nature par ce qu’elles ont d’invisible. Le travail du photographe allemand, présenté en une série de tirages à l’irrégularité vaporeuse proche de celle du dessin, constitue ainsi un véritable jardin où fleurissent les images.

samedi 22 .02

Entretien

Nina Childress : « Il faut que la peinture soit plus intéressante que la photo »

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Née à Pasadena (Californie) au début des années 60, arrivée en France à cinq ans, devenue chanteuse du groupe punk parisien Lucrate Milk, puis du collectif d’artistes Les Frères Ripoulin, Nina Childress peint depuis quarante ans. Pour la première fois, son œuvre fait l’objet d’une grande exposition monographique rétrospective. C’est à la Fondation d’entreprise Ricard et sous le commissariat d’Eric Troncy. L’occasion d’un long entretien.

mardi 28 .01

Critique

Théâtre, identités & fictions – à propos de spectacles d’Arnaud Desplechin et Joël Pommerat

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En ce qu’il les soumet à l’épreuve de la représentation, le théâtre se présente comme une voie d’accès privilégiée aux questionnements identitaires. Par-là, il ne se contente pas d’interroger les identités, que ce soit pour les critiquer ou les légitimer : en les présentant comme fictives, il les dérange, et en révèle le travail, collectif, de construction – exercice de désamorçage salutaire, auquel tant Desplechin dans Angels in America que Pommerat dans Contes et légendes participent.