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Tom Ginsburg : « Le trumpisme reste une menace importante pour l’État de droit. »

Journaliste

De l’élection de Donald Trump en 2016 à l’invasion du Capitole par ses supporters le 6 janvier dernier, la démocratie américaine a été mise à rude épreuve. Cette présidence hors norme qui s’achèvera le 20 janvier prochain s’est avéré un véritable stress test pour ses institutions. Le pays n’en sort pas indemne constate le politiste et professeur de droit à l’Université de Chicago Tom Ginsburg.

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How to Save a Constitutional Democracy ?, « Comment sauver une démocratie constitutionnelle ? » s’interrogeaient Tom Ginsburg et Aziz Huq dans un ouvrage paru aux presses universitaires de Chicago en 2018. Ecrit à la suite de l’élection de Donald Trump, quand beaucoup d’observateurs craignaient de voir les Etats-Unis tomber dans le camp des démocraties de façade gouvernées par des autocrates comme en Hongrie, au Brésil ou en Turquie, les auteurs étaient venus partager leur analyse dans les colonnes d’AOC. Près de deux ans plus tard, celle-ci se révèle à la fois prophétique, et en dessous de la réalité. Si la démocratie américaine a résisté à l’apparition d’un « populiste charismatique », elle est durablement affectée par la « la dégradation du modèle partisan » : lorsqu’un parti, en l’occurrence le parti Républicain, décide de renoncer à l’État de droit. Plus que jamais, le risque n’est pas un effondrement de la démocratie, mais un lent déclin. RB

Avec un peu de recul, comment qualifier ce qui s’est passé au Capitole mercredi 6 janvier ?
Les mots sont en effet importants. Je ne parlerais pas, par exemple, de « coup d’État », comme on a pu l’entendre dans la bouche de certains journalistes ou de représentants politiques, car la force militaire n’était pas impliquée. En fait, il n’y a pas vraiment, à proprement parler, de terme pour désigner ce qui s’est passé : c’est la rencontre d’une manifestation qui a dégénéré, comme cela a déjà été plusieurs fois le cas cette année, et de ce que l’on appelle aux États-Unis un « terrorisme domestique ». Terrorisme, le mot n’est pas exagéré puisque l’on a découvert deux bombes artisanales, l’une au siège du Comité national républicain et l’autre au siège du Comité national démocrate. Nous savons aussi désormais que certains émeutiers avaient pris de quoi attacher des dirigeants politiques dans un but qu’on ignore toujours. Toutefois, les citoyens lambda qui ont participé à l’invasion du Capitole ne partageaient probable


Raphaël Bourgois

Journaliste, Rédacteur en Chef d'AOC

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