Dans la bibliothèque de...

Maylis de Kerangal : « J’ai le sentiment d’écrire depuis des livres que j’ai lus »

Journaliste

Quels sont les dix livres que vous emporteriez sur une île déserte ? L’exercice a pris un relief particulier sans doute après l’expérience des confinements, et l’écrivaine Maylis de Kerangal a accepté de se prêter au jeu pour inaugurer « Dans la bibliothèque de…», une série de rencontres mensuelles proposées par AOC à la Fondation d’entreprise Pernod-Ricard. Dix livres donc, pas un de plus, pour parvenir à une liste d’une grande cohérence, qui éclaire d’un nouveau jour l’œuvre de l’auteure de Naissance d’un pont.

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À l’automne 2018, AOC avait imaginé une première rencontre publique sur le mode de la « bibliothèque idéale » : l’historienne Arlette Farge s’était brillamment prêté au jeu qui consiste à devoir établir une liste des dix livres qu’on emporterait sur une île déserte, puis à les commenter dans le cadre d’une conversation. Cet exercice ayant pris un relief particulier après l’expérience partagée des confinements, il nous a semblé intéressant de l’installer dans la durée, en proposant chaque mois à une personne différente de s’y prêter, en public à la Fondation-Pernod dans le cadre d’une série conçue par AOC. Et c’est l’écrivaine Maylis de Kerangal qui a repris ainsi le flambeau, lors d’une rencontre tenue ce 9 février et désormais visible en ligne.  Auteure de plus d’une douzaine d’ouvrages depuis une vingtaine d’années, romans et récits, la plupart parus aux éditions Verticales (parmi lesquels Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Réparer les vivants et Le monde à portée de main), elle s’apprête à publier avant l’été un livre dont la forme éclatée se trouvera sans aucun doute éclairée par le choix des dix textes qu’elle propose ici et qui tous témoignent d’un grand souci formel, d’un rapport exigeant à la langue comme matière.

 

Dix livres, pas un de plus. Comment êtes-vous parvenue à les choisir ?
Le choix fut assez compliqué, et je suis même arrivée avec un peu de rab dans mon sac, essayant – en vain – d’obtenir l’autorisation d’ajouter deux titres… C’est la carte des livres qu’on emporte que j’ai décidé de jouer : je me suis dit qu’il fallait pouvoir les emporter, alors il y a beaucoup de livres de poche. Mais pas que, d’autres sont plus volumineux, certains viennent de sortir et n’existent pas en format poche… Cela excluait aussi les livres d’art, qui pourtant offrent de rêver longtemps, les catalogues d’exposition qui nous permettent parfois de revisiter des moments très riches. Je n’ai pas pris de bande-dessinées non plus, je ne suis pas une très gra


Sylvain Bourmeau

Journaliste, directeur d'AOC