Rediffusion

François Gèze : « On ne peut pas industrialiser l’acte de création éditoriale »

Journaliste

Au moment où l’on apprend que Bolloré envisagerait de céder Editis afin de mieux pouvoir contrôler les maisons d’édition du groupe Hachette, il est particulièrement de (rer)lire cet entretien réalisé fin septembre avec François Gèze, fondateur et ancien directeur de La Découverte, où il continue d’être éditeur tout en suivant d’un œil avisé les évolutions du secteur. Rediffusion du 25 septembre 2021

D’un côté Plon, Robert Laffont, Julliard, La Découverte, Belfond, Nathan, 10/18, Le Robert, Bouquins, Perrin, Pocket, Bordas, pour ne citer que quelques maisons. De l’autre Grasset, Fayard, Stock, Calmann-Lévy, Le Livre de Poche, Lattès, Dunod, Larousse, Hatier, pour ne mentionner, là encore, que les marques françaises les plus connues. Le premier ensemble constitue le groupe Editis, propriété de Bolloré ; le second le groupe Hachette Livres, propriété de Lagardère. Près de vingt ans après que le second ait tenté de racheter le premier, c’est aujourd’hui le premier qui pourrait absorber le second à la faveur de l’OPA que Bolloré vient de lancer sur Lagardère. Ces deux grands groupes, chacun doté d’outils de diffusion et de distribution des livres, forment depuis des décennies un véritable duopole de l’édition française. Leur rapprochement marquerait un niveau inouï de concentration, largement excessif au regard du droit de la concurrence français et européen. Que va-t-il donc se passer dans les semaines qui viennent ? Et, plus encore, qu’est-ce qui motive ce désir d’être toujours plus gros dans un secteur où l’artisanat constitue toujours la réalité des pratiques éditoriales ? Président des éditions La Découverte entre 1982 et 2014, et désormais directeur de collection de cette maison qui appartient depuis 1998 à ce qui deviendra Editis, François Gèze, qui est aussi l’un des observateurs les plus attentifs de l’édition française et un acteur averti de l’interprofession, tente de répondre. SB

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Avec l’annonce récente de l’OPA de Vivendi sur Lagardère, la probable fusion d’Hachette Livre et d’Editis se précise. Leur réunion au sein d’un même groupe provoquerait un séisme pour le secteur. Pourtant, à la différence de ce qui s’est passé lorsqu’à l’inverse Hachette avait voulu racheter Vivendi Universal Publishing (VUP, ex- Groupe de la Cité et futur Editis) en 2002, cela ne semble pas susciter pour le moment de fortes mobilisations et d’oppositions. Comment l’ex


Sylvain Bourmeau

Journaliste, directeur d'AOC