Emmanuel Grégoire : « Face à la tentation d’une contre-révolution, Paris a vocation à protéger les droits »
Dans le sillage, et comme un post-scriptum au numéro en cours des Saisons d’AOC consacré aux villes, il nous a semblé intéressant de réaliser un entretien avec le candidat de la gauche unie à la mairie de Paris.

Non pas un interview politique de plus, dans lequel il lui serait intimé de produire une petite phrase sur son adversaire de droite, Mme Dati, ou un commentaire qui buzze sur la stratégie de cavalier seul imposée à sa France Insoumise par Jean-Luc Mélenchon et incarnée en l’occurrence par Mme Chikirou. Non, un entretien, qui serait l’occasion de parler de sujets de fonds, à commencer par celui que l’ancien Premier adjoint de l’actuelle maire a choisi de placer au cœur de sa campagne : le logement. La publication dans quelques jours du livre d’Emmanuel Grégoire, Aimer Paris (Les Petits Matins), nous a offert l’occasion de cette conversation en avant-première. SB
L’idée qui ressort très nettement de votre livre est celle de protection, associée à un mot-clé : « bouclier ». Comment comprendre une telle attitude défensive à gauche ? Dans l’histoire, la gauche s’est plutôt illustrée par la revendication de nouveaux droits, une attitude de conquête sociale…
Pour plusieurs raisons. D’abord le fait que ce livre est une première étape avant celle des projets et de notre vision. Mais c’est aussi parce que le moment que nous vivons s’inscrit dans une actualité du pays et du monde qui invite beaucoup à s’interroger sur la protection des droits. Et aujourd’hui, ce qu’on observe sur le plan mondial, c’est une tentation, voire une mise en œuvre assez brutale de contre-révolution, qui trouve moins son origine dans la contestation de la social-démocratie tel que le néo-libéralisme a pu la mener que dans quelque chose de bien plus profond, de bien plus fondamental dans lequel se rediscutent un certain nombre de points de consensus philosophiques qui s’étaient cristallisés dans notre pays autour de la philosophie des Lumières et de la philosophie politique, je dirais
