La maison d’été
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Le maître était toujours le premier à se réveiller à la Maison d’été.
J’ai ouvert les yeux peu après l’aube. Allongé dans mon lit étroit, j’ai tendu l’oreille aux bruits du rez-de-chaussée. J’ai attrapé ma montre posée sur la table de chevet et j’ai scruté le cadran dans la pénombre. Cinq heures passées de cinq minutes.
Je dormais dans la bibliothèque située à l’étage, juste au-dessus de l’entrée, où l’on avait installé un lit. Au petit matin, une série de sons étouffés résonnaient sous mon matelas, comme s’ils remontaient le long des vieux piliers et des murs en bois.
Il y avait d’abord le claquement de la barre de verrouillage de la porte d’entrée quand on la retirait avant de la déposer contre le mur. Puis, il fallait faire glisser la grande porte coulissante dans sa rainure, à gauche, avant d’ouvrir la porte derrière elle à cent quatre-vingts degrés jusqu’à ce qu’elle touche le mur de la maison. On devait alors attacher un crochet en corde de chanvre à la poignée en laiton pour l’empêcher de claquer avec le vent. Il ne restait plus qu’à tirer la porte moustiquaire intérieure. Ces bruits m’indiquaient que le maître était sorti pour sa promenade. L’air, rafraîchi par la forêt durant la nuit, s’infiltrait lentement à travers la porte moustiquaire. Et la Maison d’été retombait dans le silence.
Les oiseaux, encore plus matinaux que le maître, étaient les premiers à briser la tranquillité de l’aube dans cette forêt paisible, perchée à plus de mille mètres d’altitude. Leurs noms m’ont traversé l’esprit. Pic épeiche, gros-bec masqué, gobe-mouche bleu, merle, gobe-mouche narcisse… Certains continuaient de m’échapper, même si je reconnaissais leur chant.
Peu avant le lever du soleil, le ciel se parait d’une étrange teinte bleutée, et les contours de la forêt émergeaient lentement de l’obscurité qui les avait engloutis. Le matin n’avait pas la patience d’attendre le soleil pour se lever.
Je suis sorti du lit, et j’ai remonté le store de la petite fenêtre qui donnait sur
