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Politique

Animalisme : anatomie politique d’un échec annoncé ?

Philosophe

L’animalisme est une idée neuve. C’est peut être, avec l’environnementalisme qui est un peu plus ancien, l’une des idées les plus originales qui s’offre aux nouvelles formes de mobilisation politique. Pourtant, cette nécessité d’introduire dans le débat public le souci du « non-humain », échoue par l’incurie des mouvements sociaux qui portent cette idée, incapables de sortir d’un certain naturalisme.

Parmi ce que la sociologie qualifie de « nouveaux mouvements sociaux », il y en a deux qui constituent une vraie nouveauté historique : les mouvements environnementalistes et animalistes. Si les premiers ne sont pas entièrement nouveaux, les seconds sont, quant à eux, apparus récemment, mais en définitive cette différence temporelle est peu importante au regard de ce qui les rapproche : la prétention d’installer au cœur de la question sociale et politique la problématique du « non-humain », à savoir la « nature » d’une part et la « condition animale » de l’autre. S’il n’y a jamais rien d’entièrement nouveau ni dans l’histoire ni dans la société, il n’en reste pas moins que ces mouvements s’écartent assez radicalement de ce qui a constitué traditionnellement le mouvement social issu d’une société industrielle qui perdure bien que mourante. À savoir la défense des intérêts proprement humains de celles et ceux qui ont eu et ont encore à subir les formes de domination et de violence.

Patrick Llored

Philosophe, Professeur de philosophie et chercheur en éthique animale, phénoménologie animale et éthologie politique.