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La Syrie en images : de la banalisation de l’horreur à l’horreur du banal

Critique

Depuis le début du soulèvement syrien en 2011, des représentations de l’insoutenable, recourant souvent à une esthétique du choc, ne manquent pas, et se destinent à sortir la communauté internationale de sa torpeur. Tout en nous interrogeant sur la banalisation de l’horreur, elles se contentent bien souvent de ne montrer que l’aspect le plus spectaculairement dramatique du conflit, laissant hors-champ toutes les inventions quotidiennes des révolutionnaires.

Martyre de Homs, siège d’Alep, chute de Raqqa, carnage à la Ghouta… Depuis plus de sept ans, les nouvelles venant de Syrie rythment notre quotidien dans un mélange de compassion et d’indifférence. Pourtant, les images qui les accompagnent majoritairement dans la presse écrite, les reportages télévisés ou les médias sociaux ont une tout autre vocation : créer un choc dans l’esprit du lecteur ou du spectateur, et par ce choc, causer une prise de conscience collective qui conduirait les gouvernants à agir pour mettre fin à cette tragédie, par-delà les frappes militaires dites « ciblées » des Américains et de leurs alliés chez qui prédominent les calculs géopolitiques au détriment de la souffrance d’un peuple.

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C’est un fait : les représentations de l’insoutenable e...

Dork Zabunyan

Critique, Professeur en études cinématographiques à l'Université Paris 8