O Opinion

Politique culturelle

Car auteur, c’est aussi un métier

Écrivaine

L’auteur « produit sans cesse, il rapporte des jouissances et met en œuvre des capitaux ; il fait tourner des usines », écrivait Balzac. Un écrivain est un acteur économique à part entière faisant travailler toute la chaîne du livre. Les réformes fiscales et sociales en cours risquent-elles d’accroître la précarisation des auteurs ? C’est ce sur quoi se penche le premier volet des États généraux du livre, organisés aujourd’hui par le Conseil permanent des écrivains à la Maison de la poésie de Paris.

En général, quand on répond « écrivain » à la question : « quel est votre métier ? », il y a deux réactions possibles. Les yeux s’écarquillent et votre interlocuteur vous scrute avec une certaine curiosité à la recherche de signes manifestant votre appartenance à une espèce un peu différente, comme si vous veniez de vous matérialiser d’un livre, voire carrément de l’histoire littéraire. Ou bien, il enchaîne, pragmatique : « Mais sinon, vous faites quoi pour gagner votre vie ? » Dans les deux cas, l’écriture n’est pas assimilée à une activité économique ; tout du moins pour celui qui en est le producteur.

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Plusieurs raisons à cela, à mon sens. Tout d’abord, l’écriture, tout le monde l’utilise tous les jours, à tous moments, mais certains en font un art imprimé à un certain nombre d’e...

Laure Limongi

Écrivaine, Éditrice et enseignante en création littéraire (Master de création littéraire de l’école d’art et l’université du Havre)