O Opinion

Oenologie

Faut-il critiquer l’œnologie ?

Politiste

Les foires aux vins qui bourgeonnent en cette rentrée en témoignent spectaculairement : le secteur vitivinicole est en pleine mutation. L’évolution de certains producteurs en « biodynamie » et/ou en « nature », et les résistances que cela suscite quand il s’agit d’attribuer les appellations, amène à repenser complètement le rôle des œnologues.

À l’image du monde agricole, le secteur vitivinicole a enregistré de profondes mutations au fil des dernières décennies. Et comme une grande partie de l’agro-alimentaire, la filière est passée progressivement sous l’emprise de la grande distribution et des marchés internationaux. Ces évidences troublent l’image idéalisée du « vigneron », artisan perpétuant la tradition, défendant son terroir, au contact d’une nature préservée, œuvrant manuellement à la vigne et au chai. Elles invitent à analyser les transformations qui ont conduit à faire de cette filière une des plus grosses consommatrices de produits phytosanitaires [1] (fongicides, herbicides, insecticides). Des scandales sanitaires récents [2] ainsi que les images de viticulteurs harnachés sur leur tracteur en raison de la toxicité des traitements chimiques employés soulignent aujourd’hui les tolérances coupables de la viticulture « conventionnelle ».

Stéphane Olivesi

Politiste, Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines