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Le devenir-Valls, un bonapartisme à l’envers

Écrivain

Le devenir-Valls, c’est parvenir à être toujours légèrement à côté, parfaitement à rebours et à contretemps, c’est une manière de scinder, de cliver, de diviser et de considérer cela, par un prodige que l’on ne s’explique pas, comme une audace, une subversion, une libre pensée, alors que ce n’est qu’embarrassant.

 J’espère avoir un minimum d’imagination (j’essaie même modestement d’en vivre), mais jamais je n’aurais imaginé être un jour en route vers la présentation de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone. Il en fallait beaucoup, à ma décharge, comme il fallait, de sa part, de l’audace, à moins que ce ne soit du mépris et de l’inconscience.

N’écoutant que mon courage (j’ai dû tendre l’oreille), je me suis donc rendu au CCCB, le Centre de culture contemporaine de Barcelone, pour l’annonce officielle du futur candidat. Une immense foule attendait là, mais qui ? Ce ne pouvait être le sauveur, encore moins le messie, ou alors je m’étais trompé de porte. Descendus tout droit des hauts quartiers, cravatés et huileux, la peau rêche et bronzée, le phrasé empesé, ses soutiens jouaient des coudes avec les journalistes. Tout ce beau monde trépignait, mais impossible de rentrer. Le Valls ferait-il encore salle comble ? Je pensais qu’une présidence entière...

Pierre Ducrozet

Écrivain