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Le RIC et ses embarras : Roumanie, Venezuela, France

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Revendication phare des « gilets jaunes », le référendum d’initiative citoyenne demeure peu pratiqué dans d’autres pays. Un petit détour par la Roumanie et le Venezuela permet toutefois de se faire une petite idée de ce que donnerait la mise en œuvre d’un RIC tel que le proposent aussi bien Etienne Chouard que La France Insoumise.

Le RIC, le Référendum d’initiative citoyenne, est au cœur des revendications des « gilets jaunes ». Il est la forme institutionnelle principale de la démocratie directe qu’ils réclament et qui vient de leur rejet de la représentation politique y compris en leur sein. Lors de leurs manifestations ils brandissent des pancartes avec « RIC » tandis que sur les pages de Facebook du type « Gilets jaunes officiels d’Éric Drouet » on trouve des textes qui exigent cette mesure en la détaillant : proposer des lois, en abroger, modifier la Constitution, approuver ou non les traités,  révoquer les élus.[1]  La liste pour l’élection européenne proposées par deux figures des « gilets jaunes » reprend le sigle RIC et s’appelle Ralliement d’initiative citoyenne. Et à Bourg-de-Péage, le 25 janvier 2019, Emmanuel Macron a été interpellé sur le RIC par une femme en gilet jaune. On peut supposer que le RIC sera un des thèmes du Grand débat et de la campagne électorale à venir.

Cette émergence du RIC reprend en les élargissant des éléments des programmes de plusieurs des candidats à la dernière présidentielle : Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau. La Franc...

Dominique Colas

Politiste, Professeur à Sciences Po