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Economie

Finance et société : en finir avec le syndrome de Stockholm

Économiste

Plus de dix ans après la dernière grande crise, les fraudes, les scandales financiers en tout genre, les salaires et bonus extravagants sont toujours d’actualité, alimentant la défiance de la société à l’égard de la finance et nourrissant un populisme qui menace nos démocraties. Pourtant, les États se refusent toujours à une véritable reprise en main afin de promouvoir une finance vraiment au service de la société. Comment expliquer ce qui ressemble à une démission du politique face à la finance ? Quelles pistes pour y remédier ?

Dix ans après une crise financière et bancaire majeure, nos économies ne sont pas à l’abri d’une nouvelle crise systémique. Bien que les digues aient été relevées et les amortisseurs dans le système financier renforcés, la finance n’a pas fondamentalement changé. Étonnamment, malgré la crise financière qui a mis à genoux nos économies, malgré les travaux de recherche convergents qui montrent que l’hypertrophie de la finance pèse sur la croissance alors qu’elle est censée la soutenir, malgré les liens de plus en plus évidents entre l’obésité de la sphère financière et la montée des inégalités qui minent nos sociétés, malgré l’incompatibilité entre le court-termiste de la finance contemporaine et l’impératif de financement de la transition écologique, nos gouvernants restent très perméables à l’emprise du lobby bancaire.

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L’hypertrophie de la finance n’a pas reculé,...

Laurence Scialom

Économiste, Professeure à l'Université Paris Nanterre