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Construire la ville résiliente : le véritable enjeu des municipales

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Plus les élections municipales de 2020 approchent, plus elles concentreront toute l’attention des partis et des analystes, obsédés par la recomposition des équilibres politiques du pays. Au risque de ne pas percevoir la véritable dimension nationale de ces élections : l’occasion donnée à certaines villes de faire exemple, et de prendre le virage d’un monde dans lequel elles doivent devenir le cœur du vivre-ensemble, de la cohésion sociale et de la préservation des ressources.

Les élections municipales de 2020 sont désormais, et seront pendant quelques mois, au cœur des préoccupations de toutes les écuries politiques. Qui investir ? Quelles alliances nouer ? Quels rapports de force à droite, à gauche, au centre, aux extrêmes en vue de la présidentielle de 2022 ? Quel premier parti pour la France ? Qui pour prendre la tête des grandes métropoles ? La République en marche (LREM) a de longue date mis en branle son processus d’investiture, avec une commission nationale dédiée, des noms lâchés au fil de l’eau, et plusieurs mécontentements publiquement exprimés.

Le Parti socialiste a lui-aussi sa commission, tout comme les Républicains, qui semblent toutefois avoir fait de l’attentisme leur principale stratégie. Faire les « bons » choix de personne pour tenter de gagner, ou éviter de perdre, des élus locaux, telle paraît être la principale, si ce n’est l’unique, préoccupation des principales forces en présence. Loin, bien loin de ce que devrait être l’enjeu prioritaire de ce scrutin : construire la ville résiliente.

L’inéluctable recomposition du paysage politique local

L’analyse des résultats de ces élections ne manquera bien sûr pas de passionner les spécialistes de sciences politique et électorale. Le schéma traditionnel d’élections municipales venant sanctionner dans les urnes les premiers mois ou années de l’exercice du pouvoir d’un Président de la République et de son gouvernement sera en effet nécessairement perturbé par le fait que les élus locaux se présentant avec le soutien ou sous l’étiquette LREM n’ont pas été élus, il y a six ans, avec les couleurs de ce parti.

En 2014, la gauche était revenue à son plus bas niveau depuis trente-cinq ans en contrôlant moins de 40% des villes de plus de 9 000 habitants et en perdant cent quatre-vingt-seize de ces municipalités ; on pouvait clairement acter d’un vote-sanction. En 2020, on pourra certes dénombrer les municipalités dont des élus LREM prendront la tête. Mais il sera peu évident d’impu


[1] Maryse Verfaillie, « Le Havre – Porte Océane », Les Cafés Géographiques, septembre 2018.

Agathe Cagé

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Notes

[1] Maryse Verfaillie, « Le Havre – Porte Océane », Les Cafés Géographiques, septembre 2018.