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Environnement

Rappel de la forêt et logique du scandale

Philosophe

Le scandale écologique n’est pas un scandale que l’on peut circonscrire : il est économique, autant que politique. Son histoire nous apprend qu’il n’est en rien ponctuel. Les forêts qui brûlent viennent ainsi nous révéler les limites de la raison à l’occidentale, qui scinde et fragmente un monde qu’elle ne comprend pas. Sans compréhension, nulle communication : la coexistence est alors impossible.

La rentrée et ses controverses politiques nous ont-elles fait oublier la forêt ? Parmi les phénomènes renforcés par le réchauffement climatique, les ouragans ont-ils remplacé les incendies ? Oui et non… Mais bien qu’une réponse de Normand ne soit pas ici hors-sujet, nous essaierons plutôt de montrer que ce qui arrive à la forêt n’est pas un événement comme un autre ; que c’est un scandale, et pas un scandale comme les autres, parce qu’il n’apparaît pas et ne s’oublie pas de la même manière.

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Cela ne fait pas des incendies ou de la déforestation une réalité première ou exceptionnelle, mais un élément de la logique du scandale, laquelle différencie celui-ci des autres événements et implique aussi ses différenciations internes. Pour qu’il y ait scandale, il faut qu’une transgression dissimulée se manifeste au grand jour (qu’une limite ait été franchi...

Jérôme Lèbre

Philosophe, directeur de programme au Collège International de Philosophie