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Société

Ce que Paul B. Preciado fait à la psychanalyse

Philosophe et Psychanalyste

Invité de la 49e journée de l’École de la cause freudienne, il semble que Paul B. Preciado ait suscité le malaise dans l’assistance. Figure majeure de la pensée queer et féministe contemporaine, le philosophe jette en effet, par sa présence-même, un pavé dans la mare d’une psychanalyse aux cadres vieillissants, révélant ainsi la nécessité politique de faire évoluer la discipline.

L’autre jour un ami m’a envoyé un message : c’était le lien d’une conférence de Paul B. Preciado à L’Ecole de la Cause freudienne, qui avait eu lieu en novembre dernier à l’occasion d’une journée intitulée « Femmes en psychanalyse », et dont l’affiche condensait les clichés misogynes de la psychanalyse (un corps de femme en noir opaque, continent perdu disparaissant sous un grand massif de fleurs). Je n’étais pas au courant de cet événement, qui voulait manifestement montrer une sympathie pour le féminisme.

Le message de mon ami attirait mon attention sur les rires parfois étranges et gênés venant de la salle, que l’enregistrement avait captés, ou encore l’excès d’applaudissements, vers la fin de la conférence, qui semblait avoir pour but de faire taire l’orateur polémique. Et en effet, après avoir invité la psychanalyse à « une thérapie politique de son institution », face aux bruits de plus en plus envahissants de la salle, Paul B. Preciado a senti, à un certain moment, qu’il devait s’arrêter.

Je partirai de cet enregistrement, de mauvaise qualité par ailleurs, pour essayer de penser ce qui est en jeu dans cette situation, ce qui s’est passé ce jour-là. Dans le mélange des applaudissements et des rires, ...

Mathilde Girard

Philosophe et Psychanalyste