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Politique

À propos du questionnaire proposé par Bruno Latour 

Haut fonctionnaire

Le 30 mars dernier, Bruno Latour proposait dans AOC d’« imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise » en répondant à une série de questions. Mais l’échelle individuelle est-elle la plus appropriée pour penser le monde de demain ? Et un questionnement individuel est-il un renouvellement de la démocratie ou une régression ? Enfin l’autorité, qui a toutes les chances de s’imposer comme le véritable arbitre, pourrait bien être encore une fois l’économie et ce seront les intérêts des plus faibles, qui ne sont pas nécessairement les moins utiles, comme nous l’avons brutalement constaté ces dernières semaines, qui seront frappés de plein fouet.

Il fut beaucoup question d’un article de Bruno Latour, publié par AOC le 30 mars dernier, par lequel il nous invitait, en reprenant les propos du président de République sur les gestes barrières, à « imaginer les gestes-barrières contre le retour de la production d’avant-crise », et à devenir « d’efficaces interrupteurs de globalisation ». Ce programme m’enthousiasmait et je m’étais promis de remplir dès que possible le questionnaire qui concluait l’article, espérant qu’il m’aiderait à préciser ma conception d’un monde dé-globalisé. J’ai rempli le questionnaire mais je ne suis pas parvenu à ce résultat et je vais essayer d’expliquer pourquoi.

Bruno Latour nous invite d’abord à dire quelles sont les activités aujourd’hui suspendues dont nous aimerions qu’elles ne recommencent pas. Comme la question porte sur « les activités suspendues » et non sur « nos activités suspendues », elle nous conduit à réfléchir à la fois à la dimension collective du confinement – les arrêts d’activités à l...

Jean-François Collin

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