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Ecologie

À propos d’ensauvagement : pour une sociologie modeste

Sociologue , Sociologue

L’omniprésence du sauvage dans le débat public doit être analysée dans toute sa complexité et son ambivalence. À « l’ensauvagement » comme repoussoir dans le discours du Rassemblement National ou du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, répond l’ensauvagement revendiqué sous la forme d’un certain retour à la nature. Le sauvage prend donc une signification qui pour être imprécise, n’en est pas moins politique et écologique. Pour la saisir, capter ces signaux faibles, il s’agit de développer un nouveau style narratif qui pourrait aussi correspondre à un nouveau style de sociologie : une sociologie modeste.

Faut-il « stopper l’ensauvagement d’une partie de notre société »[1] ? Voici sans conteste une problématisation courte et dangereuse de l’actualité. Sur cet usage politique et tendancieux du sauvage et de l’imaginaire colonial qu’il charrie, tout a déjà été dit. Nul besoin d’insister, d’autant que l’auteur de ces déclarations semble vouloir faire de cette thématique de l’ensauvagement un signe distinctif de son positionnement politique. L’ambiguïté ou la polyphonie du terme posée, il nous semble important d’envisager la face plus sereine d’un possible ensauvagement de nos vies et de notre quotidien : celui que nous analysons dans une ouvrage récent sur L’utopie sauvage.

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Le titre provisoire du manuscrit, « Ensauvagez-vous ! », reprenait la tournure classique des manuels de développ...

Sébastien Dalgalarrondo

Sociologue , chargé de recherche au CNRS (Iris - EHESS, Paris)

Tristan Fournier

Sociologue , chargé de recherche au CNRS (Iris - EHESS, Paris)