La ligne du Point
Quand j’ai pris mes fonctions à la revue de presse de France Inter, à l’été 2017, une de mes inquiétudes se nommait « Le Point ». Comment traiterais-je un magazine que j’avais dû quitter cinq ans plus tôt, poussé dehors par sa direction après un désaccord éditorial et humain sur la couverture de l’islam en France ? Ce fut d’une facilité déconcertante. Le premier jeudi de ma nouvelle vie, le 31 août, Le Point publiait deux entretiens au long cours, l’un avec l’essayiste Yuval Harari, qui après Sapiens nous contait l’homme devenu Dieu, l’autre avec Emmanuel Macron, tout frais président. C’était de la bonne came et les auditeurs le surent. J’eus en huit saisons d’autres occasions de leur en parler.

Le Point a d’autres atouts que l’art de l’interview et la passion des sciences, un positivisme souvent roboratif. Il a aussi des défauts. C’est son goût du présent qui me le fit ré-aimer. Si l’on n’est pas épris de la presse, inutile de la lire, encore moins d’en faire revue. Nos journaux – mes confrères – méritent tout sauf la tiédeur.
J’écris cela pour éclairer un paradoxe. Le Point est un très bon journal et un journal précieux dans mes paysages ; et en même temps un journal dont je fus écarté. Deux choses peuvent être aussi vraies en même temps. Cette contradiction s’est imposée à moi.
Il y a quelques jours, bêtement peut-être je twittai ceci : « En 2012, Giesbert me sortait du Point, parce que je n’avais pas écrit l’article demandé sur l’envahissement de la France par la viande halal – polémique lancée par Marine Le Pen. Je le retrouve expert en laïcité d’une soirée du service public. Cela fait sens. »
Ce n’était pas Le Point que visait ce post, ni même Giesbert personnellement, mais l’étrangeté (selon moi) du casting d’un plateau de France 2 consacré aux 120 ans de la laïcité. Inviter Franz-Olivier Giesbert en expert ou en témoin était une erreur, sauf à vouloir caricaturer le débat. Vous me direz que ça les regarde. Mais mon expérience plaidait.
En février 2
