Agriculture

Mercosur : un mauvais accord pour l’Europe et pour la France

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Réponse à ceux qui plaident en faveur du Mercosur. Non, la dégradation de la position internationale de l’agriculture française n’est pas le résultat des politiques environnementales ou des salaires trop élevés. Et faire du libre-échange une religion, comme le fait la Commission européenne, apporte des réponses faciles et pourtant inadaptées. Si l’on peut avoir des doutes sur les effets positifs de cet accord, on peut être certain de ses effets négatifs.

Dans un article publié par la revue en ligne Telos le 13 janvier 2026, Jean-Luc Demarty défend la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur comme « un succès européen, un naufrage pour la France ».

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Il justifie la politique commerciale conduite par la Commission de l’Union européenne depuis plusieurs décennies, avec l’autorité que lui confère sa qualité d’ancien directeur général du commerce de la Commission européenne et considère que ceux qui remettent en cause cette politique se trompent ou sont de mauvaise foi. Il nous a semblé nécessaire de répondre à ce plaidoyer soutenu par une personnalité qui peut être considérée comme une sorte de porte-parole de la Commission européenne.

Jean-Luc Demarty est un homme qui ne doute jamais ni de lui, ni de ce qu’il fait. Il déclarait dans un article que lui consacrait le journal Le Monde le 26 novembre 2018, alors qu’il était encore directeur général « trade », comme on dit à Bruxelles : « À Bruxelles, on est pragmatique. Penser que le libre-échange est une bonne chose, ce n’est pas une approche idéologique. De tout temps, l’ouverture au commerce a créé de la croissance et de l’emploi. »

Il ne peut pourtant pas ignorer que le débat entre les libre-échangistes et les protectionnistes est aussi vieux que l’économie et que de bons arguments existent pour défendre l’option protectionniste. Il peut encore moins ignorer que la globalisation et la libéralisation des échanges, qui constituent l’essence même de la pensée et de l’action de l’administration européenne qu’il a dirigée, sont entrées en crise depuis de nombreuses années, et que nous assistons à leur explosion désormais dirigée par la puissance qui les a imposées au reste du monde, les États-Unis de Donald Trump.

N’en déplaise à Monsieur Demarty, vendre le produit que l’on vient de fabriquer à son voisin est un acte de commerce, mais faire de cet acte et du libre-échange les principes d’organisation de la société est une idéolo


Jean-François Collin

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