Le libre-échange est mort
Un clou chasse l’autre et l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur a cessé d’intéresser les médias, d’autant plus que le Parlement européen a demandé à la Cour de justice de l’Union européenne de se prononcer sur la conformité de cet accord de libre-échange aux traités européens. Cette trêve suffit, les partis politiques ne se sentent plus obligés de se prononcer sur ce type d’accord et les médias retournent à leur commentaire de la dernière déclaration de Donald Trump.

Pourtant, au-delà de l’accord avec le Mercosur, la véritable question est de savoir si l’augmentation du commerce mondial des marchandises et des services favorise la prospérité globale du monde, améliore la situation de l’humanité, contribue à la paix, ou si au contraire elle est un pas de plus dans la course à l’abîme.
Depuis le début des années 1990, les vertus du libre-échange n’ont plus été contestées que par des voix minoritaires, l’ouverture des marchés fut un objectif majeur de la politique économique des pays développés. Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, Bill Clinton, président des États-Unis de 1993 à 2001, fut un des grands artisans de la globalisation de l’économie mondiale. La libre circulation des marchandises et des capitaux devait accélérer la croissance de l’économie mondiale et l’égalisation des conditions entre tous les pays de la planète. Pour ce qui est de la libre circulation des hommes, on verrait plus tard. D’ailleurs, tout le monde vivant heureux chez soi, il n’y aurait plus de problème de migrations.
En 2001, la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à l’instigation des États-Unis et avec l’accord de l’Union européenne, dans l’espoir d’accéder au vaste marché chinois et à son milliard et demi de consommateurs. Aucune condition d’accès à l’OMC ne fut imposée à la Chine qui a su profiter de la situation pour protéger son marché et assortir d’obligations d’investissements occidentaux dans des joint-venture contr
