Politique

Municipales 2026 – Paris est une fête (4/4)

Philosophe, Politiste

Pour affirmer que « Paris est une fête » au-delà du beau titre d’Hemingway, Paris doit imaginer des usages gratuits de sa ville pensée comme un espace ouvert et émancipateur. Cela passe par une démarchandisation de la ville, pour s’affirmer comme la capitale mondiale des villes hospitalières.

Paris est une fête. Le 18 mars 2001, après 24 ans d’opposition, la capitale bascule à gauche. Euphorie de la victoire pour le peuple de gauche d’autant que la fête dessinait un programme politique pour Bertrand Delanoë qui, dès 2002, lança « Nuit blanche ». Des années de fêtes s’ensuivirent avec beaucoup de manifestations artistiques, de musées ouverts, de musique, de déambulations de nuit dans un Paris ouvert, hospitalier. Et la dernière fête politique, pour le peuple de gauche, date du second tour des élections municipales, il y a quelques jours avec l’élection à l’Hôtel de ville d’Emmanuel Grégoire, le 22 mars 2026, après deux mandats d’Anne Hidalgo. La soirée fut célébrée en vélo à travers la ville, toute une équipe de campagne, des journalistes, des cameramen pour témoigner d’un trajet de victoire entre Stalingrad et la mairie de Paris. Rive droite.

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La fête selon « Hem’ »

Mais, Paris est une fête, c’est aussi le titre d’un célèbre roman d’Ernest Hemingway qui se déroule rive gauche entre les Ve et VIe arrondissements dans les années 1920, il y a tout juste un siècle. Hemingway a habité rue du Cardinal-Lemoine puis rue de Fleurus et rue Notre-Dame-des-Champs. Il fréquentait les cafés et n’aimait pas ceux de la place de la Contrescarpe qu’il trouvait sombres et froids.

Il préférait ceux du VIe, en particulier la Closerie des Lilas, 171 boulevard du Montparnasse : « Il n’était pas de bon café plus proche de chez nous que La Closerie des Lilas, quand nous vivions dans l’appartement situé au-dessus de la scierie, 113 rue Notre-Dame-des-Champs, et c’était l’un des meilleurs cafés de Paris, écrivait-il. Il y faisait chaud, l’hiver ; au printemps et en automne, la terrasse était très agréable, à l’ombre des arbres, du côté du jardin et de la statue du maréchal Ney, et il y avait aussi de bonnes tables sous la grande tente, le long du boulevard[1]. » Le café était alors un lieu d’accueil à toutes les saisons. Il y retrouvait Blaise Cendras ou Scott Fitzgerald.


[1] Ernest Hemingway, Paris est une fête, Folio, 2011, p. 120.

[2] « Une certaine idée de Paris, avec M. Delanoë, par Lionel Jospin », tribune, Le Monde, 15 février 2008.

Fabienne Brugère

Philosophe, Professeure à l'université Paris 8

Agathe Cagé

Politiste

Notes

[1] Ernest Hemingway, Paris est une fête, Folio, 2011, p. 120.

[2] « Une certaine idée de Paris, avec M. Delanoë, par Lionel Jospin », tribune, Le Monde, 15 février 2008.